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Les CDD de plus en plus nombreux dans les entreprises françaises : témoignages

le Jeudi 4 Octobre 2012 à 07:00
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France Info a tendu son micro à des jeunes qui enchaînent les emplois précaires. Aujourd'hui en France, trois quarts des embauches se font en CDD, pas en CDI. Le gouvernement cherche à limiter le recours à ces contrats à durée déterminée. Le sujet sera au centre des négociations qui débutent aujourd'hui entre les syndicats et le patronat.

Elisa, huit CDD en deux ans de vie professionnelle © Radio France - Florent Guyotat

En France, les CDD de très courte durée sont de plus en plus répandus. Benoît, qui va sur ses vingt-cinq ans, en est à quatre contrats dans des entreprises différentes. Aucun d'eux n'est allé au-delà de deux mois. Et ce qui frustre encore plus le jeune homme, c'est qu'il n'a pas trouvé d'emploi correspondant à son niveau d'études : "J'ai un diplôme de responsable en marketing et management d'équipe. Et j'ai été livreur de pizzas, vendeur dans un magasin de sport. Encore aujourd'hui je suis serveur dans la restauration. Je ne vis pas, je survis sur Paris avec 500 euros par mois."
Benoît doit donc toujours solliciter l'aide de ses parents. Et bien sûr il se demande pourquoi il ne parvient toujours pas à s'en sortir. Il avance son explication : "Certaines entreprises ne respectent pas la loi. Elles nous font cumuler CDD sur CDD. Dans le magasin de sport où j'étais, tous les responsables étaient en CDI, et tous les vendeurs en CDD, quasiment. Le responsable m'a dit que mon travail était excellent, mais qu'il ne voulait pas me garder. Cela me fait doucement rigoler."

Benoît est allé demander de l'aide à l'AFIJ, l'Association pour faciliter l'insertion des jeunes diplômés. Elisa, 23 ans, bénéficie aussi des services de cet organisme. Elle a une licence en communication et totalise huit CDD en seulement deux ans de vie professionnelle : "Certaines entreprises ont joué franc-jeu avec moi et je les en remercie. Je savais que je n'allais pas rester après mon CDD, je m'étais préparée psychologiquement. Mais d'autres sociétés ne sont pas honnêtes et nous font miroiter des CDI qui ne se concrétisent pas. A chaque fois, on se sent dévasté, comme une gifle en pleine figure. On se demande ce que l'on a mal fait et pourquoi on n'a pas été gardé."

Il existe aussi des expériences plus positives. Les CDD se transforment parfois en CDI. Sonia, vingt-cinq ans, a aussi enchaîné plusieurs contrats, mais ses efforts ont été récompensés. Elle vient d'être engagée en contrat à durée indéterminée dans une agence de communication : "Le CDD, je l'ai vu comme un tremplin, pas comme quelque chose de précaire et de désespéré. C'était un test. Evidemment, ce n'est ni facile, ni marrant. Mais il faut garder à l'esprit que tout n'est pas perdu et que les entreprises ont quand même besoin de nous, les jeunes diplômés. Bien sûr, nous sommes beaucoup. A nous de prouver que nous sommes celui ou celle qu'il faut. Cela se joue toujours sur un petit quelque chose qui fait qu'à un moment, on est préféré à quelqu'un d'autre. Ce qui a fait la différence, c'est que j'ai répondu favorablement quand mon patron m'a demandé d'effectuer une tâche qui n'était pas dans mes compétences. J'ai dit que je pouvais le faire et je pense que cela a déclenché mon CDI."

Limiter, voire sanctionner, le recours abusif aux CDD  

Le CDD s'apparente donc parfois à une sorte de période d'essai. Le ministère du travail veut plus encadrer les contrats à durée déterminée. Et il est même favorable à des sanctions pour les entreprises qui emploieraient trop de CDD. Au-delà d'un certain pourcentage dans leurs effectifs, les entreprises se verraient imposer un malus, sous forme de cotisations supplémentaires à verser à l'assurance-chômage.
La plupart des syndicats soutiennent l'idée, tout comme Jean-Baptiste Prévost, l'ancien président de l'organisation étudiante UNEF, aujourd'hui membre du Conseil économique, social et environnemental : " Il faut que les entreprises payent plus en fonction du risque qu'elles font courir à la collectivité. Lorsque les CDD s'achèvent, l'assurance-chômage doit indemniser les personnes qui se retrouvent sans emploi. Cela a un coût. Il n'y a pas de raison qu'il ne soit pas assumé en partie par les entreprises qui ont plus recours que les autres aux CDD. "

"On a besoin de ces emplois précaires"

Mais les représentants patronaux s'opposent très fermement à cette idée. Geneviève Roy, de la confédération générale des PME, estime qu'en période de crise, les entreprises ont plus que jamais besoin de souplesse : " En ce moment l'activité est réduite, nous avons beaucoup de mal à remplir nos carnets de commande. Notre visibilité à long terme ne nous permet pas d'être certains de pouvoir financer un emploi en CDI. Il faut vraiment se demander pourquoi un chef d'entreprise va embaucher un CDD plutôt qu'un CDI, c'est parce qu'une fois que vous avez signé un contrat, il est très difficile de revenir en arrière. On a besoin de ces emplois précaires, c'est un recours normal pour l'exploitation d'une entreprise. "

Les contrats à durée déterminée représentent donc les trois quarts des embauches aujourd'hui. Mais attention ! Il s'agit uniquement des recrutements. Si l'on regarde les postes qui sont déjà pourvus, le CDI n'a pas dit son dernier mot. Il reste ultra-majoritaire, avec plus de 80 % des emplois en France qui sont à durée indéterminée.

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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
tarasboulaba (anonyme),
Vote(s) 30
Le problème c'est surtout le recours abusif de l'intérim et du cdd. 12ans en intérim... 3ans en cdd sur le même poste. Alors la crise a bon rôle, mais pour des entreprises coté au cac40, arrêter messieurs les patrons de nous raconter des conneries.
Avatar de anonyme
Vote(s) 34
J'ai 30 ans, et j'ai dépassé la vingtaine d'employeurs, à cause des CDD, intérims... et après ça, bien entendu, j'ai entendu dire "vous êtes instable" ;-) Donc ça ne date pas d'hier ces problèmes. Nous sommes des "générations kleenex"... Mais bon... en ce qui me concerne, j'ai décidé de changer de filière (en prendre une qui me plaît bien mieux et qui est moins saturée) et d'opter pour un contrat pro... que j'ai réussi à trouver grâce à ma persévérance.
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Vote(s) 42
Bonjour Mme Desquin, Je suis la jeune fille qui à témoigner et qui a cumuler beaucoup de CDD. Et cela alors que j'ai fait des études en alternance pour cumuler tant savoir diplômant et expériences professionnelles. Malgré tout je n'ai toujours pas trouver un emploi répondant à mes attentes, et je suis contente pour Sonia qui pour elle le CDD c'est avéré être un tremplin mais il faut dire que ce type d'opportunité est plus que rare dans une société qui dévalorise totalement les diplômes et les jeunes de manière générale. Je pense que votre point de vue reflète effectivement cruellement la réalité, avec cette précarité qui nous colle à la peau pour un bon moment aux vues de la conjoncture sociétale on se demande quand cela va prendre fin ?
Avatar de anonyme
Vote(s) 39
au lieu de chercher la methode pour limiter l'emploi du CDD,il serait preferable de compendre pourquoi le CDI n'interesse plus les entreprises !!!
Avatar de anonyme
scoubidouah (anonyme),
Vote(s) 41
Tu parles... Dans notre société, plusieurs employés en sont à plus d'un an de CDD de 15 jours, sans interruption. Et on remplace Untel qui est en maladie, et on continue par Unetel... Il y en a même une qui a remplacé 15 jours une collègue... qui n'était plus dans la boîte depuis 2 ans!
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Mme DESQUINS (anonyme),
Vote(s) 45
Bonjour et merci à vous pour toutes ces informations que j'écoute le matin depuis la création de France Info. Je suis contente que la question de l'emploi pour les jeunes diplômés soit enfin soulevée car les jeunes diplômés, particulièrement ceux des filières marketing, ne trouvent aucun emploi à leur sortie d'école. Ils sont bac+5 ou bac+6 et sont condamnés à vivre chez leurs parents pour garder le cap. Vous pouvez imaginer le désespoir et souvent la dépression que ces jeunes connaissent à 25 ou 26 ans quand, après des centaines d'envoi de CV ("vous avez un excellent CV mais..."), ils restent sur le carreau alors qu'ils sont au top de leurs savoirs. Regardez les offres d'emploi: il y a quelques CDD (et je vous assure que les jeunes diplômés sont prêts à les accepter car beaucoup sont à la rue malgré une scolarité exemplaire et des compétences acquises durant leurs multiples stages) mais pratiquement que des stages offerts, que des stages (et il faut savoir qu'ils en ont souvent déjà accumulés sans congés, avec d'énormes dépassement d'horaire hebdomadaire)... or les jeunes diplômés n'ont plus accès à ces stages. Aucun risque pour les entreprises... On est en train de sacrifier toute une génération de jeunes qui ont travaillé dur pour être au meilleur de leurs compétences. Alors beaucoup fuient vers le Canada, l'Australie, l'Asie... et comblent d'autres pays de leurs savoirs et de leurs compétences. C'est absurde quand on pense au coût que représente le secteur de l'enseignement dans notre économie (je suis professeur...). Et je trouve le discours de cette jeune fille finalement acceptée en CDI totalement indécent. La plupart des jeunes qui obtiennent ce genre de postes l'ont par piston parental et pas parce qu'ils sont meilleurs que les autres. Merci pour votre écoute. Je suis tellement déçue par cette situation et ce que ces jeunes formidables subissent au seuil de leur jeune vie d'adulte. C'est aussi injuste et révoltant qu'aberrant. Cordialement
Avatar de anonyme
Vote(s) 44
LOL... NO COMMENT