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L'eau trop polluée des campagnes

le Mercredi 28 Mars 2012 à 06:00
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Deux millions de Français n'ont pas une eau potable, selon l'association UFC. Le problème n'est pas la sécheresse mais plutôt la pollution aux nitrates et aux pesticides. Donc l'agriculture. Depuis longtemps les associations environnementales, comme le WWF, dénoncent la contradiction entre la gestion de l'eau et la politique agricole.

Philippe Ribault, agriculteur à Yermenonville dans l'Eure-et-Loire © Radio France - Anne-Laure Barral

A Morier l'eau n'est pas potable... "Ben, j'suis pas malade et j'en bois tout le temps", s'exclame Martine, une habitante. Dans ce petit village de 217 habitants au sud de Chartres, les analyses de l'eau dépassent des seuils depuis des années. Soit des nitrates, soit des pesticides : des substances chimiques classées comme cancérogènes. La mairie déconseille donc aux femmes enceintes et aux jeunes enfants de boire ce qui sort du robinet. Mais la législation va plus loin. La mairie a l'obligation de délivrer une eau potable. Elle devrait même acheter des bouteilles d'eau et les distribuer à ses habitants. "Mais comme personne ne le réclame, on ne le fait pas", explique le maire Alain Roullée.

Une usine va doubler la facture

Pour régler le problème, le puits qui alimente le village va fermer d'ici un an. L'eau viendra d'un autre puits, équipé d'une usine de dénitrification et de traitement des pesticides. Un investissement important : 60 km de canalisations et 20 millions d'euros financés par les 21 petites communes de la communauté. Le prix de l'eau devrait doubler pour les habitants.

"Ce n'est pas normal que seuls les contribuables et les consommateurs paient, alors qu'ils ne sont pas les principaux pollueurs", estime Gérard Leray, secrétaire général d'Eau secours 28. L'association s'est créée il y a un an et elle estime que 40.000 habitants n'ont pas d'eau potable dans le département. Pour elle, les traitements et les engrais agricoles sont les traitements et les engrais agricoles.

L'agriculture en cause

L'industrie, le réseau ferré qui utilise des pesticides pour désherber ses voies, les eaux usées des villes : il peut y avoir plusieurs causes mais la majorité des communes concernées sont dans des zones viticoles ou de grandes cultures, comme dans l'Eure-et-Loir. Selon Philippe Ribault, de coordination rurale 28, les agriculteurs du département ne peuvent pas faire plus d'efforts sans mettre en danger leur équilibre économique.

Les associations de consommateurs (comme l'UFC) ou environnementales ne veulent pas non plus faire le procès des agriculteurs, qu'elles estiment prisonniers d'un système productiviste les poussant à utiliser des substances chimiques. Mais elles attendent un verdissement de la politique agricole commune et davantage de cohérence avec la politique de gestion de l'eau. La France dépenserait un milliard d'euros pour raccorder ses villages à des puits de captage où l'eau est potable.

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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
Eric DELAHAYE (anonyme),
EURE ET LOIR c'est sans E, la GÉOGRAPHIE est une matière enseignée à l'école OUH !!!!!!!!!!!!!!!!! Bravo le journalisme
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G. DEZELLES (anonyme),
Le constat de cette émission est réaliste et, dans les zones très peu urbanisées comme l' Eure et Loir, la pollution est avant tout agricole, même si d' autres molécules exogènes autres que les nitrates viennent s 'ajouter dans l' eau ( non) potable. Par contre, l' argument éculé qui consiste à dire que, de ce fait, l' état actuel de l' eau était inévitable est irrecevable. Affirmer que depuis la dernière guerre, " on a obligé l' agriculture à produire selon le mode actuel avec assistance chimique" est à préciser. Aucune directive nationale ou européenne n' a donné cette orientation. La dérive est due à la pression des circuits commerciaux et à la faiblesse des consommateurs qui se sont laissés intoxiquer par la standardisation et l' apparence des produits ( fruits par exemple ) au détriment des qualités organoleptiques et chimiques de leur alimentation Par contre, la responsabilité des politiques est entière parce qu' ils ont laissé faire par démagogie. Les décennies de co-gestion de l' agriculture entre ministres et organisations professionnelles majoritaires ont donné les résultats que nous déplorons aujourd'hui. On peut donc y remédier si chacun retrouve son rôle: - les consommateurs expriment leurs demandes. - le pouvoir politique s' en inspire pour définir l' intérêt général, en prenant en compte les impératifs essentiels: santé publique, équilibre économique des filières,... - les producteurs s' organisent pour répondre à ces impératifs et pour celà reprennent en main la commercialisation de leurs produits( circuits courts, productions labellisées,...) comme il n' aurait jamais du l' abandonner à d' autres; les coopératives agricoles de commercialisation de produits finis ont disparu. Pourquoi ? Et si les circuits commerciaux actuels qui grugent les agriculteurs et les consommateurs ne s 'y retrouvent pas et ne veulent pas s' adapter à une nouvelle donne, peu importe. L' économie nationale ne s' en portera que mieux.....
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Pascal.D (anonyme),
La pollution des captages par l'industrie agricole est une réalité. Mais ne faisons pas l'impasse sur les autres polluants. Qu'en est-il des substances médicamenteuses, de la radioactivité (naturelle ou issue de l'activité humaine) et de l'aluminium que l'on retrouve dans l'eau du potable ? L'eau devient chère mais sa qualité ne s'améliore pas pour autant. Voici une carte qui résume la variété des problèmes rencontrés avec l'eau potable en France ces dernières années. Les origines sont vastes. http://maps.google.fr/maps/ms?msid=207456217881936842291.0004aef24b19f15...
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pbjardin (anonyme),
Les agriculteurs responsables des algues vertes et en plus de l'augmentation du prix de l'eau ! Il est facile de jeter la pierre aux agriculteurs alors que depuis la fin de la première guerre mondiale on leur a demandé de produire de façon intensive à coups de subventions de l'état et de l'Europe. La responsabilité n'est-elle pas aussi politique? Alors que l'on apprend que le gouvernement a publié le décret qui va permettre d'augmenter les quantités d'azote épandues sur les terres agricoles, et va à contre-courant des efforts de réduction des nitrates dans les eaux. il est trop simple de montrer du doigt les agriculteurs, alors que les politiques, mais aussi chacun d'entre nous pouvons faire un effort pour préserver la ressource eau. Cela passe par le bulletin de vote, mais aussi par notre responsabilité d'économiser l'eau en commençant par surveiller notre consommation et notamment de traquer les fuites d'eau (30% de la consommation en France) ! Plus d'infos : http://www.activeau.fr/Blog.asp?ActionID=67240192
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