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Investir dans le vin : un placement de crise ?

le Jeudi 19 Janvier 2012 à 06:00
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Acheter du vin comme on achète des actions, certains le font et c'est une tendance qui se développe. De belles bouteilles qui prennent de la valeur dans une cave, des milliers de Français en ont, avec pour objectif généralement de les boire un jour. Cette fois, l'approche est différente, il s'agit de véritables placements financiers.

Faut-il investir dans le vin? © Radio France - Doménégo

Certains investisseurs ne connaissent même pas les vins qu'ils possèdent. Ils ne verront jamais les bouteilles entre l'instant où ils les achètent et le moment où ils les revendent.

Boris possède trois restaurants à Paris. En 2009, il veut placer 70 000 euros mais les banques l'ont déçu. Alors il se tourne vers une société qui lui propose de spéculer sur le vin. Il en achète plusieurs caisses et les revend deux ans plus tard :  l'opération lui rapporte 52 000 euros. Pour lui, les placements bancaires classiques, c'est terminé.

- Quelles sont les sociétés qui proposent ce genre de placements ?

 Elles sont toutes jeunes et peu nombreuses. Elles s'appellent Patriwine, Cavépargne ou encore la Bergère Investissement. Cette dernière est une PME qui travaillait dans le négoce, une activité tout ce qu'il y a de plus classique. Et puis, il y a un peu plus de deux ans, certains clients lui font part de leur envie de spéculer sur le vin.  Camille Benoist, le gérant, crée ainsi de véritables portefeuilles, il en gère 150 actuellement, où le vin remplace les actions.

- Les clients achètent le vin mais la société le stocke.

Ils peuvent le revendre quand ils le souhaitent, intégralement ou juste une partie, ils peuvent aussi évidemment le récupérer pour le boire, c'est très flexible.  Au moment où les épargnants ont des doutes sur les banques et les placements financiers, cela ressemble à un recours idéal. D’autant que l'Asie s'intéresse de plus en plus au vin.

Un marché immense qui aime les belles étiquettes, les grands Bordeaux en particulier. Le prix de certaines bouteilles flambe avec cette demande asiatique. Mais, c'est un tout petit marché. Les stocks sont limités, surtout lorsqu'on parle de grands crus.

 C’est peut-être une bulle spéculative, le risque c'est qu'elle éclate et que les prix s'effondrent. Pour l'heure, cete bulle gonfle. Et elle agace les esthètes, ceux qui aiment le vin, sa cuisse, sa robe, son bouquet. Parmi eux Philippe Faure Brac qui possède le bistrot du sommelier à Paris. Il a été élu meilleur sommelier du Monde en 1992. Et certaines bouteilles lui paraissent désormais inaccessibles.

La Chine a massivement investi le marché du vin en 2009 et 2010. Les prix sont alors montés en flèche pour les étiquettes les plus prestigieuses. Le cours est encore à la hausse actuellement. Mais une augmentation qui se tasse autour de 15% pour l'année 2011.