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En cinq ans, le TGV a changé l'Est

le Jeudi 7 Juin 2012 à 07:15
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Mis en service le 10 juin 2007, le TGV-Est – dernière ligne à grande vitesse construite en France – a déjà transporté plus de 60 millions de voyageurs, et contribué au désenclavement de plusieurs régions. C'est notamment le cas de Reims (Marne), désormais à 45 mn de Paris, qui a su capitaliser sur l'arrivée du TGV.

 

Depuis la nuit des temps, Reims, "la belle endormie", vivait sur la seule réputation de son Champagne, comme d'autres villes sur la réputation de leurs grands crus.
Quand le premier rail a été posé, en octobre 2004, un véritable plan de bataille a été mis en place pour capitaliser sur l'arrivée du TGV, et réussir là où d'autres villes (Tours, Vendôme) avaient échoué quelques années plus tôt.

Car l'accessibilité ne suffit pas à réussir son entrée dans l'ère TGV-Est européen. Pour que Reims ne devienne pas, à 45 minutes de Paris, le 21e arrondissement de la capitale, il fallait aussi attirer des entreprises, redynamiser l'économie.
Bassin d'emploi, foncier, éducation, sport, culture... sont autant de critères auxquels les investisseurs sont attentifs. Il fallait "faire exister la 12e ville de France dans d'autres classements que celui de la qualité de vie", résume Jean-Yves Heyer, patron de l'agence Invest in Reims.
Au cœur de la stratégie, trois milliards d'euros d'investissements publics et privés pour lancer de grands travaux (tramway, voirie), bâtir du foncier d'entreprise — autour de Reims, il y a pour un siècle de réserves foncières — et redorer l'image de la région.

Les taxis de la Marne

Cinq ans après l'arrivée du TGV, les objectifs ont été atteints, et même dépassés : 150.000 mètres-carrés de locaux commercialisés, 110 nouvelles entreprises implantées et près de 4.500 emplois nouveaux créés.
Parmi les "prises de guerre" champenoises, les taxis G7. Quand vous réservez un taxi parisien, vous appelez, sans le savoir, un standard basé à Reims. "Le TGV a été décisif dans ce choix", explique le patron de la G7. "Ce qui a pesé également, c'est d'avoir un bassin d'emploi qui ne soit pas saturé et qui nous permette de recruter rapidement des collaborateurs en cas de pic de travail", poursuit Serge Metz.

Ce dynamisme et le montant des investissements privés et publics ont été symbolisés par le nombre de grues qui pointent au-dessus des toits de la ville. Reims, une métropole de 740.000 habitants revenue de loin à grande vitesse, mais pas uniquement grâce au TGV.

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