Dans un mois, les députés français devront se prononcer sur le traité budgétaire européen. Un pacte négocié par Nicolas Sarkozy et complété par François Hollande qui réveille de vieilles divisions au sein de la nouvelle majorité.
Jean-Marc Ayrault devant l'Assemblée nationale © Reuters - Philippe Wojazer
Il y a sept ans, la gauche était dans l'opposition et le débat sur le référendum européen de 2005 avait déjà créé une scission entre les partisans du oui et du non. La gauche du PS reprochant à l'Europe d'être trop libérale. 2012, sept ans plus tard, la situation semble se reproduire mais, cette fois la gauche est au pouvoir et doit faire adopter le traité européen, qui impose une plus grande rigueur budgétaire. Au sein de la majorité, plusieurs parlementaires socialistes se sont déjà désolidarisés et affirment qu'ils voteront contre.
"Stratégie débile d'austérité généralisée"
L'une des premières parlementaires à avoir ouvertement déclaré qu'elle ne
voterait pas pour le traité est Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice socialiste de
Paris. Elle estime qu'un "petit endettement n'est pas un drame en soit",
craignant que cette austérité ne soit pas passagère mais "à vie". Pour
la sénatrice, ce pacte est une "stratégie débile d'austérité généralisée".
Autre dissident à l'intérieur de la majorité, le député de Seine-Saint-Denis et
membre de l'aile gauche du PS, Razzy Hammadi, "ce dont je suis sûr, c'est
que je ne le voterai pas. Je reste attaché à l'espoir que des évolutions sont
encore possibles". Interrogée par France Info, le député de l'Essonne
Jérôme Guedj demande lui une concertation de la majorité sur le pacte européen de
stabilité et explique que c'est pour cela qu'il va voter contre.
Jérôme Guedj veut une concertation
Le gouvernement veut rassembler ses troupes
L'exécutif met la pression sur l'aile gauche du PS, à commencer par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Il veut réconcilier les Français et l'Europe. Ce n'est pas Bruxelles qui impose le tempo car "la voix de la France pèse", selon le Premier ministre. La ratification de ce traité européen n'est qu'une étape et il n'y a pas de débat à avoir là-dessus.
Jean-Marc Ayrault appelle au rassemblement
Après le Premier ministre, Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères a lui invoqué l'intérêt du traité et souligne les risques de nouvelles crises en Europe. Plus dur dans le ton, Bruno Le Roux, le président du groupe PS l'Assemblée, a fait acte d'autorité déclarant qu'il n'y a pas "de liberté de vote" pour les députés socialistes, "le non est une impasse, j'attends des députés socialistes qu'ils se rassemblent et affichent un soutien massif au président de la République".
Les Verts et le Front de Gauche en discussion
Malgré une majorité absolue à l'Assemblée nationale, les socialistes craignent également un vote négatif de certains de leurs alliés comme Europe Ecologie-les Verts (EELV). Le parti écolo va se réunir les 22 et 23 septembre pour adopter une position commune mais certains élus ont déjà annoncé qu'ils s'y opposeraient, notamment le sénateur Vincent Placé. Il ne compte pas se faire dicter sa conduite par le gouvernement. Pour lui un vote négatif n'affaiblirait pas François Hollande. Il défend aussi "un non fédéraliste argumenté".
Les Verts doivent aussi rencontrer mardi le Front de Gauche pour en discuter. De son côté, Jean-Luc Mélenchon a été clair : "non au traité. Nous appelons à une grande manifestation nationale pour un référendum". Le rassemblement est prévu le 30 septembre.
Face à une opposition verte-rouge, le gouvernement pourrait bien trouver des alliés du côté de l'opposition. Lundi sur France Info, le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, a déclaré qu'il voterait le traité européen de stabilité budgétaire.

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