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Le choc PSA et la voiture qui ne coûte rien, le corbeau star du Web

le Vendredi 13 Juillet 2012 à 07:19
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Vers un contrôle technique annuel, le choc PSA, la voiture qui ne coûte rien, un corbeau star du Web et le Canard Enchaîné sur Twitter

Presse © Radio France - Jean-Christophe Martin

 

D'abord cette information qui sera très commentée : au nom de la sécurité routière, l'Europe veut durcir le contrôle technique...

Va-t-on vers un contrôle technique annuel ? La commission européenne y pense : elle présentera aujourd'hui les nouvelles règles  qui devraient s'appliquer d'ici deux ou trois ans. Un premier contrôle quatre ans après l'achat d'un véhicule, un autre deux ans plus tard, puis ensuite chaque année.

La principale nouveauté qui fait déjà polémique, en France comme dans de nombreux pays européens : ce serait l'obligation pour la première fois pour les deux-roues motorisés de se soumettre eux aussi à un contrôle périodique.

Un projet qui provoque déjà la colère des représentants des motards. Pour la Fédération française des motards en colère, la mesure n'a aucune portée vérifiable en termes de sécurité routière, elle considère que la commission européenne ne fait que céder aux intérêts financiers des lobbys des sociétés de contrôle technique ou des constructeurs.

Mais le gros titre ce matin dans la presse, c'est l'annonce des suppressions de postes chez PSA...

Et pour le Figaro, le plan de restructuration massif de PSA impose au gouvernement son "premier test grandeur nature face à une catastrophe sociale", un gouvernement "pris au piège". L'Humanité parle de son côté de "l'épreuve de vérité", avec ce titre à la Une "A fond la casse", la casse de l'emploi. Pour la Croix, c'est la "douche froide" et une "crise majeure". Et un mot qui revient : le "choc", à la Une de l'Est républicain, du Télégramme, des Echos, du Monde et du Parisien. "Jeudi noir", c'est le titre de la Dépêche, une "bombe sociale" dit le Courrier picard, "le premier crash social", c'est la manchette de Sud Ouest. Et aussi une question à la Une de Libération : "Peut-on encore produire français ?"

8000 suppressions de postes : pour Jean-Paul Piérot dans l'Humanité, c'est un "coup de poignard" porté à l'industrie automobile, et "un crime économique inexcusable", mais "nul ne peut prétendre en être surpris", puisque l'Humanité elle-même dévoilait il y a un an une note confidentielle du constructeur qui détaillait ce projet.

Alors comment en est-on arrivé là ? Les Echos répondent en pointant les cinq erreurs stratégiques de Peugeot qui l'ont conduit à la déroute, notamment ses difficultés sur le marché international où Peugeot n'a pas réussi à compenser la morosité européenne, spécialement en Chine.

PSA qui paye cher aussi son isolement, et qui n'a pas su tissé un réseau d'alliances internationales comme l'a fait Renault. Mais David Barroux dans les Echos renvoie un peu tout le monde dos à dos : si PSA est au tapis, c'est certes à cause de la crise économique, mais pas seulement. Pour les Echos, l'Etat, les gouvernements successifs et les appareils syndicaux portent une lourde responsabilité. Sans parler des mauvais choix de la famille Peugeot.

Ce que souligne aussi Patrick Fluckiger dans l'Alsace : Peugeot paye un pari industriel contraire à celui de Renault, celui de produire majoritairement en France.

Jacques Camus dans la République du Centre enfonce le clou : PSA paye aujourd'hui très cher d'avoir refusé de s'ouvrir aux partenariats et en jouant la carte d'un patriotisme industriel surrané. Preuve que les plus belles idées peuvent mener à la catastrophe. Pour la République du Centre, c'est même "en klaxonnant que Peugeot est allé dans le mur".

Et pour lutter contre la crise dans l'automobile, un Français invente la voiture qui ne coûte rien...

Rien ou presque rien : une révolution. Pour l'instant, c'est un rêve, celui d'un ingénieur qui est un ancien de l'industrie automobile. Michaël Oualid planche depuis des années sur son projet de "Free Car" qu'on découvre sur challenges.fr. La Free Car, c'est une voiture low cost, peu coûteuse à produire, facile à faire réparer.

L'idée : chaque fois que le conducteur s'arrête pour faire des achats avec sa carte bancaire, les commerçants qui sont partenaires du système lui font une ristourne de 2 pour cent et rétrocèdent une commission au constructeur.

Résultat : au bout de quelques années, les réductions mises bout à bout ont remboursé le prix de la voiture pour le propriétaire, elles ont aussi financé le constructeur. Notre ingénieur a calculé qu'avec son système, la Free Car coûtera deux fois moins cher à fabriquer et qu'elle peut rapporter sur sa durée de vie jusqu'à cinq fois plus d'argent, ce qui permettrait de continuer à faire des voitures made in France, et à sauver des emplois.

Idéal pour tout ceux qui ont besoin d'une voiture pas chère, les jeunes ou les retraités, les chômeurs ou les familles qui veulent une deuxième voiture. Et tout ça est détaillé par Héloïse Bolle sur challenges.fr. A l'heure où on cherche désespérément des solutions à la crise de la filière automobile, ça fait au moins une idée à transmettre d'urgence au ministère du redressement productif confronté au choc PSA.

Du côté d'Internet, c'est un corbeau qui devient la nouvelle star éphèmère du Web...

Au départ, un article du journal le Pays, dans le Territoire de Belfort... Il racontait les malheurs d'une habitante de Froidefontaine, près de Belfort attaquée depuis la fin juin plusieurs fois par un corbeau qui se prend pour l'un des "Oiseaux" d'Hitchcock, à tel point que Patricia, la victime, blessée notamment au bras, ose à peine sortir de chez elle. Une histoire qui vous a été racontée sur France Info par nos confrères de France Bleu Belfort Montbéliard.

Si le Pays revient sur cette histoire, c'est que depuis la fin juin, tout le Web s'est mis à résonner des mésaventures de Shadow, c'est désormais le nom du corbeau. Car le préfet du Territoire de Belfort a pris un arrêté qui autorise de tirer sur le corbeau pour s'en débarrasser.

Ce qui a déclenché sur le Web un vaste mouvement des amis des animaux, une pétition en ligne pour sauver Shadow a déjà rassemblée des centaines de signatures. Les réactions se multiplient sur Facebook et sur le site du journal le Pays, entre pro- et anti-Shadow.

En attendant, le Pays raconte que la victime du corbeau de Froidefontaine est aussi la cible d'attaques de corbeaux au moins aussi nuisibles : ceux des plus intransigeants des amis des animaux qui postent des messages anonymes sur le Web, des messages parfois violents qui l'accusent de vouloir faire tuer un oiseau.  

Après le corbeau, le canard : le Canard Enchaîné débarque sur Twitter...

Tout arrive : le Canard Enchaîné est un volatile traditionnellement rétif à toutes les nouveautés technologiques. Mais les sites d'information comme le Huffington Post ou lexpress.fr signalent que le Canard vient de se mettre - un peu - au goût du jour, il vient d'ouvrir un compte Twitter. On y trouvera sans doute très tard tous les mardis quelques-uns des titres du Canard du lendemain.

Mais rien de plus : le Canard n'a pas envie de se faire plumer et précise à libération.fr que son métier c'est d'informer et de distraire les lecteurs d'abord avec du papier journal et de l'encre, un beau métier qui suffit largement à l'occuper. D'ailleurs pour le Canard, Internet n'est pas un espace de liberté mais d'abord un espace marchand où ceux qui gagnent de l'argent ne sont pas les journaux mais les fournisseurs d'accès.

La presse américaine s'est d'ailleurs interrogée sur cet étrange volatile français, seul journal au monde à n'avoir rien changé ou presque dans sa formule depuis des dizaines d'années, toujours pas de photos, toujours pas couleurs, toujours quasiment absent d'Internet malgré une page assez fantômatique, et qui reste envers et contre tout l'un des titres les plus florissants de la presse française toute bardée de sites et d'applications, mais en crise chronique.

Pour le Canard Enchaîné, ce n'est peut-être pas une page qui se tourne, mais quand même, il savait déjà cancanner, il sait désormais gazouiller...

La presse à la Une

La presse à la Une du 13/07/12 avec Héloïse Bolle de Challenges  
 

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La presse fait ses gros titres ce matin sur le choc après l'annonce des suppressions de postes hier chez PSA. Le choc, c'est le mot qui revient le plus souvent : il est à la Une de l'Est républicain, du Télégramme, des Echos, du Monde et du Parisien. "Jeudi noir", c'est le titre de la Dépêche, une "bombe sociale" dit le Courrier picard, "le premier crash social", c'est la manchette de Sud Ouest.

Et aussi une question à la Une de Libération : "Peut-on encore produire français ?"

Justement, il y a une réponse inattendue. Pour lutter contre la crise dans l'automobile, un Français invente "la voiture qui ne coûte rien (ou presque)". c'est à lire sur challenges.fr. "La voiture qui ne coûte rien", c'est le titre de cet article de challenges.fr qui devrait interpeller les internautes qui sont aussi des automobilistes. Explications avec Héloïse Bolle de Challenges.