Dans un discours devant le Parlement allemand, la chancelière a une nouvelle fois fermement rejeté toute perspective de mutualisation de la dette européenne. Une solution "économiquement mauvaise" et "contreproductive", a jugé Angela Merkel, avant de prendre l'avion pour Paris où l'attend François Hollande avec son projet d'euro-obligations.
Devant les députés du Bundestag, Angela Merkel a prononcé un discours en partie adressé à Paris © Reuters - Thomas Peter
Au menu du dîner à l'Elysée ce soir, Angela Merkel pourrait bien se voir servir une soupe à la grimace. A quelques heures de son premier déplacement en France depuis l'élection de François Hollande, la chancelière allemande en remet une louche, devant le Bundestag, sur les euro-obligations chères au président français. Elle juge ces euro-obligations et tous les produits du même type non seulement incompatibles avec la constitution allemande, mais également "économiquement mauvaises" et "contreproductives."
Angela Merkel a rappelé aux députés allemands qu'il n'y avait "pas de solution rapide face à la crise". Et plaidé pour "des solutions durables, pas un feu de paille." Des réformes structurelles dans les pays en difficulté seront "tout en haut de l'ordre du jour" du sommet européen de jeudi et vendredi, a promis Angela Merkel, tout en admettant qu'elle s'attendait à "des controverses" avec ses partenaires européens.
Evoquant les 120 à 130 milliards d'euros qui seront investis dans la
croissance — un premier projet porté par François Hollande, Angela Merkel prévient
que l'Allemagne avait envoyé "un signal fort en interne et vers l'extérieur.
Mais celle-ci n'a pas des forces illimitées, et a déjà donné suffisamment de
gages à l'Europe", ajoute la chancelière.
Après avoir avalé la pilule de la croissance, Angela Merkel ne semble pas prête
à engloutir la couleuvre des euro-obligations, même si la chancelière est aussi
réputée pour son solide coup de fourchette.
Devant les députés du Bundestag, Angela Merkel a prononcé un discours en partie adressé à Paris - Récit de Nathalie Versieux


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