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Des start-up "plumées" par l'Etat ?

le Mercredi 3 Octobre 2012 à 10:41
Par Caroline Caldier

La page facebook du "mouvement de défense des entrepreneurs français"

Des créateurs de start-up françaises montent au créneau pour dénoncer la réforme de la fiscalité. Ils ont lancé un mouvement sur les réseaux sociaux baptisé "les pigeons, mouvement de défense des entrepreneurs français". Ils seraient déjà près de 30.000 à avoir rejoint la page Facebook. Dans leur ligne de mire, la réforme de la taxation sur les cessions d'entreprises.

Dans le viseur de ces patrons : le projet de loi de finances. Il répond à la promesse de campagne de François Hollande de rééquilibrer fiscalité du travail et du capital. Pour ce faire, les plus-values réalisées lors des ventes d'actions d'une entreprise seront soumises au barème progressif de l'impôt sur le revenu.

Une mesure qui provoque l'indignation chez les entrepreneurs de start-up. Les jeunes pousses actives sur les métiers des nouvelles technologies exigent de leurs fondateurs de longues heures de travail modestement rémunérées, mais acceptées dans l'espoir de toucher le jackpot lors de la revente de l'entreprise. Avec cette réforme l'Etat deviendrait à leurs yeux un associé "masqué" qui n'apparaîtrait qu'à l'heure du partage des plus-values. 

Les net-entrepreneurs ont donc lancé une campagne de communication contre cette mesure à grand renfort de page Facebook et de tweets accompagnés du mot clé #pigeons. Avec un chiffre qui fait peur : le taux maximum de taxation pourrait atteindre 60% sur la cession d'une société.

"Si la loi passe en l'état, elle mettra en danger l'écosystème des start-up et de l'entreprenariat en France" (Emanuele Levi, vice-président de la start-up France Digitale)

Le buzz fonctionne et d'un blog à l'autre, en passant par les comptes twitter des entrepreneurs du net de Pierre Chappaz à Marc Simoncini, le débat est vif. La CGPME elle aussi se lance dans le mouvement et lance une pétition en ligne. "Pénaliser le chef d'entreprise, c'est s'attaquer aux entreprises, aux salariés et à l'emploi", indique-t-elle sur son site.

Bercy rétorque que le chiffre de 60% découle d'un "faux calcul" et précise que "plusieurs régimes d'exonération existent et seront maintenus". Sont en particulier entièrement exonérées les plus-values des Jeunes entreprises innovantes (JEI), qui concernent directement le monde des start-up.

Des voix s'élèvent également contre ce coup de com au motif qu'il pourrait se révéler contre-productif. Dans le quotidien Libération Stéphane Distinguin, PDG de la société FaberNovel juge que  "ce mouvement va laisser des traces, c'est comme l'émergence d'une sorte de Tea Party (mouvement ultra-conservateur américain) des entrepreneurs du numérique" . Thibaud Cainne, de Yesibank, estime pour sa part que "les #pigeons se trompent de cible". "Ce n'est pas sur la taxe sur les ventes de la société qu'il faut s'énerver. Payer des impôts, c'est normal. Ce qui l'est moins est de ne pas pouvoir embaucher, lever de l'argent et avoir des aides de l'Etat comme on le veut", estime-t-il.

Les entrepreneurs "pigeons" ? - Reportage de Bruce de Galzain  
 

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Par Caroline Caldier
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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
Toute mon admiration monsieur. Moi-même ayant été commerçant pendant 15 ans (la presse) et débordé de travail à mourir avant l'arrivée de l'euro. Je me suis battu courageusement contre les effets de l'euro (et pas contre l'euro mais plutôt contre la stupeur et la méfiance qu'il a entrainé chez les gens) pendant 5 ans. Mais celui-ci a eut finalement ma peau ainsi que bon nombre de commerçants du quartier (très commerçant). Parallèlement à la presse j'avais pas mal de produits autres, notamment de la maroquinerie qui avait littéralement explosée auprès des clients et à laquelle je songeais sérieusement à en étendre l'activité, ayant des fournisseurs hors pairs, prix compétitifs, qualité remarquable (en somme ce que j'avais déjà mais en choix et en quantité insuffisante). Ayant été une fois assigné par l'URSSAF je me suis rendu au tribunal vers le mois d'avril 2005. J'avais exposé mon nouveau projet ainsi qu'à tous les organismes qui m'avait proposé des étalements plus que raisonnables sur plusieurs années concernant certains retards...tous sauf l'URSSAF!!. En tout état de cause le tribunal m'a proposé de mettre mon projet à l'essai sur une durée de trois mois Juin-juillet-aout....Ah!ah!ah, cette bonne blague...pour un quartier résidentiel mais pas du tout touristique!! et rendez-vous au mois de septembre. Je me suis rendu le 29 septembre au tribunal comme convenu (avec beaucoup d'autre)...et ça a duré 3 ou 4 minutes exactement chacun... comme à l'abattoir. Voilà, voilà...
Avatar de anonyme
jean-françois Novak (anonyme),
Entrepreneur dans l'âme, je suis tout simplement dégouté par cette mesure fiscale. C'est une méconnaissance totale du monde des startups, de l'entrepise en général et du chemin de croix qu'elles vivent pour se développer. J'ai généré 17 emplois en 7 ans dans un climat économique très difficile et mes sacrifices personnels ainsi que mes risques pris au quotidien pour ma famille ne méritent pas un tel holdup sur mon espoir très incertain de libérer un jour une plus value de mes efforts. Tuer l'initiative ne me semble pas être un bon moyen de génerer des emplois déjà fortement taxés.
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