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Syndicats contre "Bonnets rouges" : bataille en rangs dispersés

le Lundi 25 Novembre 2013 à 05:25
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Les "Bonnets rouges" veulent faire de leur diversité une force. Après leur succès du 2 novembre à Quimper, ils entendent rassembler encore plus de monde samedi prochain à Carhaix. Ce mouvement réunit sous un même bonnet des paysans, des salariés de l'agroalimentaire et d'autres secteurs, des patrons, et des élus de tous bords. Tous mobilisés pour "vivre, décider et travailler en Bretagne".Très hétéroclite, ce mouvement sème la zizanie chez ceux qui, jusque-là, avaient le quasi-monopole de la contestation et de la manifestation : les syndicats.

Les syndicats ont tenté de reprendre la main sur les bonnets rouges, mais leurs cortèges ont moins rassemblé ce week-end © Radio France - Mathilde Lemaire

S'il est bien un endroit, où l'on prend la mesure de la diversité du mouvement des "Bonnets rouges", c'est l'usine Tilly Sabco à Guerlesquin dans le Finistère. 240.000 poulets surgelés sortent d'ici chaque jour. Dans cette usine, difficile de reconnaître le patron, des cadres ou même des ouvriers car sur la chaîne, tous portent les mêmes bottes et blouses blanches, les mêmes charlottes sur la tête, pour des questions sanitaires bien sûr.

Mais c'est pour d'autres raisons bien différentes qu'ils se sont ces derniers temps retrouvés, patrons et salariés de l'entreprise, dans le même mouvement de contestation, dans les mêmes manifestations, sous les mêmes "Bonnets rouges". Et il n'y a "rien d'étonnant à cela", selon le PDG Daniel Sauvaget. "Lorsqu'il y a des enjeux vitaux pour l'entreprise, ça me choque pas que, patrons et ouvriers, on se mette tous ensemble pour défendre le bout de gras. C'est notre vie partagée qu'on défend. Et ce bonnet rouge gomme tout. Sous ce bonnet, tout le monde est au même niveau, il n'y a plus de différences", ajoute le patron qui est allé négocier vendredi une nouvelle aide de 15 millions d'euros à Bruxelles pour permettre à l'activité de continuer sur son site au-delà du 1er janvier.

Le maire de Carhaix chahuté

"Patrons, salariés, même combat", voilà une philosophie et des propos qui rendent malades plus d'un syndicaliste breton. Les syndicats dénoncent chez ces "Bonnets rouges" "une opération  poujadiste de manipulation des salariés par les patrons". Ce week-end, pour tenter de reprendre la main, la CGT, la CFTC et cinq autres syndicats (Force Ouvrière ne se joignait pas l'appel) ont organisé leurs propres rassemblements. Quatre dans toute la Bretagne. Entre 6.500 et 13.000 personnes ont défilé au total. C'est un succès limité.

Une des figures des "Bonnets rouges", le maire divers gauche de Carhaix, a voulu se mêler au cortège de Lorient. Même sans bonnet sur la tête, Christian Troadec a été chahuté, insulté même parfois. "Troadec t'es un manipulateur, un récupérateur. T'as rien à faire avec nous. Un coup avec les patrons, un coup avec les salariés, il faut que tu choisisses ton camp !" lui ont lancé certains manifestants remontés qui n'apprécient pas le brouillage des cartes.

Au départ on aurait juré pourtant qu'il y avait sur le terrain convergence entre les "Bonnets rouges" et certains syndicalistes, notamment ceux de Force ouvrière. Ils étaient bien représentés dans le cortège de Quimper le 2 novembre. Mais la direction de FO a fini par prendre ses distances, elle aussi, par voie de communiqué il y a une semaine.

Le "syndicalisme de bureau"

La représentante FO chez le volailler Doux, Nadine Hourmant, était l'une des figures des "Bonnets rouges". Elle vient discrètement de les quitter.  

Chez le volailler industriel Tilly Sabco à Guerlesquin, le patron et les salariés ont rejoint ensemble les bonnets rouges © Radio France Mathilde Lemaire

Son homologue chez Gad, l'abattoir de porcs de Lampaul, confie qu'on a essayé de le dissuader lui aussi, mais Olivier Lebras garde son bonnet rouge et ira défiler à Carhaix samedi. "Je peux encore à titre personnel participer aux rassemblements qui me plaisent. Les responsables syndicaux qui s'opposent avec virulence aux "Bonnets rouges" sont des syndicalistes de bureaux qui ne savent plus ce que pointer veut dire. Ils sont déconnectés du terrain et défendent plus leur étiquette syndicale que l'avenir des ouvriers en souffrance", explique Olivier Lebras. 

Olivier Lebras représentant syndical FO chez Gad refuse de retirer son bonnet rouge. Pour lui, les salariés y ont leur place © Radio France Mathilde Lemaire

Le taux de syndicalisation en Bretagne, comme ailleurs, ne dépasse pas 8%. Il n'est donc finalement pas si étonnant de voir un mouvement de colère spontané dépasser, au moins pour un temps, les syndicats traditionnels sur lesquels beaucoup de salariés ne comptent plus. "Franchement, si les syndicats avaient du pouvoir, et pouvaient empêcher les drames, depuis le temps, on l'aurait remarqué. La réalité c'est qu'ils ne peuvent rien contre cette crise qui ravage tout. Les usines ferment, ils font quelques manifestations, quelques réunions mais ne peuvent pas en définitive empêcher ces fermetures", commente Maïwen, Lorientaise de 36 ans qui regarde défiler les uns et les autres. Elle ne participe à aucun cortège mais confie avoir tout de même plutôt un penchant pour ces tout nouveaux "Bonnets rouges".

Ce qui rend aussi les "Bonnets rouges" sympathiques dans la population, c'est leur fierté bretonne affichée. Le Gwen ha du, le drapeau noir et blanc, flotte dans leurs rassemblements. Les syndicats eux ont toujours été ultra jacobins. Pour la CGT et les autres, pas question de surfer sur une vague régionaliste, la lutte contre la casse sociale est "une bataille à mener nationalement  et même mondialement".

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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
TOSTIVINT (anonyme),
Encore une fois on voit bien l’état d'esprit des syndicats FRANÇAIS!! Apres on s’étonne du chômage et de voir nos voisins Germaniques reussir!!! Il y a bien un moment ou il fait comprendre que l'union fait la force, et que diviser c'est laisser place libre a qui veut!! Après on pleur des délocalisations de la reprise des entreprises par des fonds étrangers qui n'ont rien a faire de notre système sociale. Et bien c'est grâce a des gens comme ça, déconnecte du marché et abusant de le pouvoir pour manipuler les salariés!! Merci au Bretons de passer au dessus de tout ça et de nous montrer que nous sommes bien tous dans le même bateau. ATlemalouin
Avatar de anonyme
@ neo . Ne confondez pas les requins boursicoteurs du CAC 40, et le MEDEF, avec les autres . J'ai été cadre, d'entreprises moyennes pendant des années, et le patron ne gagnait pas beaucoup plus que moi ; c'est vrai qu' il émargeait en plus, sur les bénéfices, mais dans certaines sociétés les travailleurs avaient aussi un intéressement , sans avoir à mettre en caution leurs biens chez le banquier ! Manifester avec certains patrons de PME, n'est pas choquant, quand c'est pour défendre l’intérêt commun, et permettre à des entreprises de survivre. L’État est devenu spoliateur, pour tout le monde, du haut en bas de l'échelle sociale. Quand il n'y a plus d'initiative personnelle, possible, c'est le communisme, vous en connaissez la finalité ? la pauvreté pour tout le monde, la fin des libertés individuelles, sauf pour les membres du parti et leurs fonctionnaires corrompus. Pas de ça chez nous ! ça réveillerait les millions de malheureux, massacrés par les camarades du genre humain.
Avatar de anonyme
Si les syndicats n'ont que 8% d'adhésion, et 4% de fonds de fonctionnement qui proviennent des cotisations et tout le reste payé par le système, ce n'est pas qu'ils ne sont plus crédibles ! c'est qu'ils ne le l'ont jamais été ! Il est grand temps qu'un mouvement revendicatif, issu du pays profond, prenne le relais. C'est peut être en cours ? à voir.
Avatar de anonyme
les syndicats sont depuis longtemps des rouages de la machine qui nous détruit tous....aussi il est compréhenssible de vouloir d'autre représentations symbolisant la lutte contre le systéme ,mais là c'est encore des gens qui veulent continuer ce systéme ,se faire exploiter par le travail et l'argent....non ,il nous faux tout rechanger....abolir travail et argent ,repartir sur des bases vraiment nouvelles....et là un petit bonnet n'y changera rien....
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