PSA : Arnaud Montebourg reçoit les syndicats

par Clara Beaudoux mardi 17 juillet 2012 11:16
Jérôme Fouquet Maxppp

Le gouvernement entame cette semaine des discussions avec les syndicats et la direction de PSA, après l'annonce jeudi de la suppression de 8.000 postes. Arnaud Montebourg reçoit les représentants syndicaux à 18h. Un plan pour la filière automobile doit être présenté le 25 juillet.

Que peut réellement faire le gouvernement pour les salariés de PSA ? C'est la question qui se pose, à quelques heures d'une rencontre entre les syndicats et le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg.

L'Etat a "les moyens d'interdire la fermeture" de l'usine d'Aulnay, pense Jean-Pierre Mercier, délégué central CGT à l'usine d'Aulnay. "L'Etat ne peut pas tout faire" mais a "des moyens de pression", estime pour sa part le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly. Il faut "revoir la philosophie générale du plan de PSA", déclarait encore mardi matin le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault. Selon l'avocate de la CGT sur le site d'Aulnay, "l'état peut demander des comptes à Peugeot sur l'argent prêté, tout cet
argent qui est celui du contribuable
".

"La fermeture d'Aulnay est le seul scénario qui puisse être retenu"

Le ministre du Redressement productif reçoit les représentants syndicaux mardi à 18 heures, après l'annonce par le groupe la semaine dernière de la supression de 8.000 postes. Mercredi, ce sera au tour du président du directoire Philippe Varin. "On va discuter avec Varin. Je ne suis pas là pour déstabiliser mais pour construire et trouver des solutions", a expliqué Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie et des finances.

Arnaud Montebourg veut discuter de l'avenir de PSA avec la famille Peugeot   
Le ministre du redressement productif lors de son intervention à l'Assemblée nationale

 

Le groupe PSA expliquera probablement qu'il a étudié plusieurs scénarios et a conclu que "la fermeture d'Aulnay, qui emploie 3.000 personnes, est le seul qui puisse être retenu", comme indique un document interne destiné aux partenaires
sociaux que s'est procuré Le Figaro. L'arrêt de l'usine d'assemblage d'Aulnay
réduira les frais fixes du groupe automobile de 108 millions d'euros par an, selon ce document. Mais il n'y aura "pas de licenciements secs", repète Philippe Varin dans un entretien au Monde.

La sous-traitance souffre déjà

Le gouvernement refuse pour l'instant de donner tout
détail sur le
plan automobile qui sera présenté en conseil des ministres le 25
juillet, mais chaque jour apporte son lot de preuves quant à la situation de la filière. Lundi, l'usine de sous-traitance automobile TRW (312 salariés) de Ramonchamp
(Vosges) dont le principal client est PSA, a indiqué être en cessation de
paiement, et doit demander son placement en redresssement judiciaire. "On ne peut pas vraiment lier la situation aux annonces de Peugeot, c'est un mouvement de fond, un marché qui va mal : PSA ne vient que prouver cela", a dit un porte-parole de l'entreprise.

Autre stigmate de cette crise, l'association des constructeurs automobiles européens (Acea) a annoncé mardi matin des chiffres européens de vente de voitures neuves en baisse.

Que peut concrètement faire le gouvernement dans le dossier PSA ? Isabelle Raymond