La moitié des Français pratiquent l'automédication, non sans risque

par Caroline Caldier mercredi 3 octobre 2012 12:22
Pour une automédication sans risque : prendre conseil auprès de son pharmacien
Maxppp

Vantée comme une source d'économie pour la sécurité sociale, l'automédication selon un sondage récent est pratiquée par un Français sur deux. Mais de nombreux médicaments restent encore inefficace voire dangereux. D'autant plus en situation d'automédication souligne le professeur Jean-Paul Giroud, spécialiste de la question.

"Quelque 4.000
médicaments sont vendus sans ordonnance en France dont la moitié n'a jamais
fait preuve de la moindre activité"
, juge sévèrement le professeur
Jean-Paul Giroud. A la longue liste de ces médicaments inutiles, ce spécialiste pointe du doigt les risques croissants
de l'automédication.

Et le développement de sites de conseils
plus ou moins sérieux sur le web ne contribue pas à diminuer ces risques, au contraire. Une certitude : y acheter des médicaments est plus que déconseillé par les autorités sanitaires, faute de garanties de qualité (contrefaçon, produits dangereux, etc.).

"45 % des
médicaments sont inefficaces, inutiles, voire dangereux. On est loin d'avoir
fait le grand ménage" (Jean-Paul Giroud)

Un point de vue partagé
par le pharmacien hospitalier et professeur François Chast : "Contrairement
à ce qui se fait dans les pays scandinaves, en France, l'école ne forme pas du
tout aux problèmes de santé. On en sort sans savoir ce qu'est le diabète,
l'asthme ou quels problèmes peuvent poser les médicaments à la maison"
.

Car les conséquences d'une mauvaise prise de médicament peuvent être graves. Exemple d'erreur : "le patient sous antivitamine K
(anticoagulant) qui a une tendinite et prend de l'aspirine",
décrit François Chast. Un geste qui
peut provoquer des hémorragies, même avec une prise unique. "Cela alimente
très régulièrement les urgences hospitalières"
, dit-il. Autre cas, puiser
dans les restes d'antibiotiques à la maison, inutiles pour des infections
virales. Si l'on est un fervent adepte de l'automédication mais en cas de
doute, un seul conseil : demander l'avis de son pharmacien.