Aulnay sacrifié : "On déclare la guerre à PSA"

par Clara Beaudoux jeudi 12 juillet 2012 15:15, mis à jour le jeudi 12 juillet 2012 à 19h55
Johan Ben Azzouz Maxppp

Le choc est immense après l'annonce par le groupe PSA de la fin de la production sur le site d'Aulnay en 2014. Plus de 3.000 salariés sont concernés, mais pas prêts à se laisser faire. Le plan global du groupe prévoit 8.000 suppressions de postes en France.

Depuis un an,
les salariés d'Aulnay redoutaient ce couperet, mais refusaient d'y croire. "Aujourd'hui, j'ai vu des femmes pleurer quand ils ont annoncé la mauvaise nouvelle", raconte Ali Kherchaoui, syndicaliste de la CGT. Vers 8h30 ce jeudi matin, des cadres se sont chargés d'informer les 1.500 salariés présents. "On nous donnait trente minutes pour digérer un KO, on a préféré tout arrêter", a résumé l'un d'eux.

L'usine est restée à l'arrêt pendant toute la matinée. "Là, on sort de l'atelier, l'usine est arrêtée, c'est la colère,
c'est la rage. On déclare la guerre à PSA, depuis un an, on a entendu
que des mensonges
", affirmait un employé sur le site. "Vous imaginez : on est deux, mari et femme, à ne pas savoir ce qu'on va
devenir, on a 7 enfants derrière, et un crédit maison, c'est pas
possible !
" déclarait une femme devant l'usine. "23 ans de vie, on a vraiment les boules..." complète un autre.

"On est une bombe sociale, une bombe politique, et ça, on va
l'utiliser
" (CGT)

Puis le choc a laissé place à la colère. Vers 14h, plusieurs centaines de salariés ont commencé à se masser devant les grilles de l'usine, pour une manifestation à l'appel de l'intersyndicale. "De l'argent il y en a dans les caisses de PSA, aucune usine ne doit fermer", scandent-ils. "Varin nous a déclaré la guerre, on va lui faire la guerre. On va vendre notre peau le plus cher possible", déclare alors Jean-Pierre Mercier, délégué CGT de l'usine. Il affirme que les salariés vont "monter en puissance" à partir du mois de septembre après avoir établi au préalable un plan de bataille. Ils n'excluent pas une manifestation nationale, en appelant par exemple les salariés victimes de d'autres plans sociaux en France. "On peut fermer le robinet, faire en sorte qu'il n'y ait de production nulle part", veut croire une salarié. Philippe Poutou (NPA) et Marie-George Buffet (PCF) se sont joints au rassemblement.

Le patron du groupe PSA, Philippe Varin, justifie les mesures annoncées ce matin.  
Au micro d'Isabelle Raymond.

"Que va-t-on devenir ?" Reportage devant l'usine d'Aulnay-sous-Bois, Isabelle Raymond  
 

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