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Mélenchon dit-il vrai sur l'euro et la croissance ? Sapin dit-il vrai sur les impôts ?

le Samedi 7 Janvier 2012 à 08:25
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Jean-Luc Mélenchon affirme qu'une baisse de l'euro de 10% entrainerait un gain de croissance de 1 point en France. Vrai ou faux ? Quant à Michel Sapin, il déclare, lui, que tous les impôts augmentent en 2012, sauf l'ISF. Vrai ou faux ? Les réponses dans cette nouvelle chronique.

 

L'euro et la Croissance

Jean-Luc Mélenchon était l’invité de France Info lundi dernier à 8h15. Le candidat dénonce alors ce qu’il appelle la "politique aberrante" de la banque centrale européenne. Il estime qu’il faudrait de l’inflation pour desserrer l’emprise de la dette publique sur la France. Ensuite, il affirme que "si l’euro perdait 10% de sa valeur […] nous gagnerions 1 point de progrès de notre développement",  en clair 1 point de croissance supplémentaire.  

Vrai ou faux ?

Faux ! Ou en tout cas exagéré.Si l’on se réfère à une note de conjoncture de l’INSEE de juin 2010, il est noté que l’euro a perdu 16% de sa valeur entre novembre 2009 et mai 2010. Et l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques a chiffré le gain de croissance à seulement 0,5% sur l’année 2010 du fait de la dépréciation de la monnaie unique face au dollar.  

Ce chiffre de 0,5% est également cité par les économistes Michel Didier, le président de Coe-Rexecode, le Centre d’observation économique et de Recherche pour l’Expansion de l’économie et le Développement des Entreprises, Philippe Crevel, secrétaire général du Cercle des Epargnants. Quand à Philippe Trainar, membre du conseil d’analyse économique, il estime lui que le gain de croissance serait de 0,5% … sur 2 ans, donc 0,25% par an. 

Mécanisme favorable   

Pour autant, les économistes sont d’accord avec Jean-Luc Mélenchon sur les vertus d’une baisse de l’euro quand celui-ci est manifestement trop cher face aux autre devises, notamment le dollar.
Un euro plus faible, ce sont des produits exportés moins chers hors zone euro, qui se vendent donc mieux, ce qui booste véritablement les exportations françaises.

Reste qu’il existe des effets secondaires importants qui viennent éroder l’effet initial .D’abord, si l'euro baisse, ca ne concerne que les nouveaux contrats signés par les entreprises ;  l'effet est différé sur les exportations.
Par ailleurs, quand l'euro baisse, les prix des importations de matière premières et d'équipement augmentent, ce qui fait finalement monter les coûts de production des produits français. Cela pénalise aussi le consommateur français qui paie plus cher un bien venu de l'étranger et qui a moins d’argent pour consommer en France et qui voudra aussi une augmentation de salaire et qui fera monter les coûts (français). Dernière chose (évidente, mais toujours bonne à rappeler), cette baisse de l'euro n'a un effet que sur les exportations hors zone euro, alors que la France vend pour les 2 tiers dans la zone euro. Au final, on le voit, l'effet baisse de l'euro est donc très amorti. 


Les impôts 2012

Michel Sapin, chargé du projet présidentiel de François Hollande était l’invité de France Info jeudi à 8h15. Interrogé sur la TVA sociale, il dénonce "une fiscalité de plus en plus injuste". Il affirme ensuite que "cette année, en 2012, tous les impôts vont augmenter sauf un, l’Impôt sur la fortune qui, lui, va baisser".

Vrai ou faux ?

Faux ! Même s’il faut regarder les choses de près.
Il existe en France des dizaines de prélèvements. Sur cette masse, il y a des taxes qui ne vont pas augmenter en dehors de l’ISF. Par exemple, la Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers, la fameuse TIPP.
Donc, littéralement, dire que tous les impôts vont augmenter sauf l’ISF est faux.

Les grands impôts augmentent

Reste que sur ces dizaines d’impôts, il y a entre dix et douze grands impôts qui vont monter, comme le précise Vincent Drezet, secrétaire national du Syndicat National Unifié des Impôts : «La TVA, avec notamment l’augmentation du taux réduit qui va passer de 5,5% à 7% ; c’est également vrai pour l’impôt sur le revenu puisque son barème va être celui de l’année dernière, ce qui va donc se traduire toute chose étant égale par ailleurs par une augmentation de l’impôt sur le revenu cette année ; c’est également vrai pour la CSG  qui va également augmenter puisqu’au lieu d’être calculée sur 97%  du salaire brut elle va être calculée sur 98% , et puis c’est vrai aussi pour les droits sur les alcools et les tabacs par exemple».   

L'ISF va baisser

Enfin, l’Impôt de Solidarité sur la Fortune va bel et bien baisser, comme l’affirmait Michel Sapin. Son  plancher a été fortement relevé : on ne paie plus l’ISF à partir de 800.000 euros de patrimoine net, mais à partir d'1 million 300.000 euros. Résultat, cet impôt rapportera cette année à l’Etat environ deux fois moins qu’auparavant, avec une recette estimée autour de deux milliards d’euros.