Après avoir annoncé que la France suivrait l'exemple anglais concernant la taxation des bonus bancaires 2010, Nicolas Sarkozy détaille aujourd'hui les modalités de cette taxe. La chancelière allemande, Angela Merkel, serait de plus en plus tentée, tandis que l'Union européenne demande au FMI d'étudier une taxe sur les transactions financières.
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Après le prudent silence d'hier, les banques commencent à réagir à l'annonce britannique puis française de taxation des bonus 2010. Cette taxe “n'a pas sa pleine cohérence”, grogne le directeur général du Crédit Agricole, Georges Pauget, dans un style feutré. Cette taxe exceptionnelle des bonus 2010 (elle n'irait pas au delà) s'appuie, selon Gordon Brown et Nicolas Sarkozy, sur le fait que les bonus en question seront possibles parce que les Etats ont aidé les banques en 2009 : double peine, s'insurge Georges Pauget, qui estime que les banques “ont aussi payé en contrepartie 2,3 milliards d'euros en intérêt”, après les prêts des Etats. “Nous ne devons rien” , conclut-il. Mais les chefs d'Etat n'entendent pas, pour l'instant, lâcher une mesure susceptible de faire grimper leur cote d'amour chez les électeurs. Après tout, que cette taxe soit justifiée ou non, taper un peu sur les financiers en période de crise est une vieille habitude du pouvoir, quand il sent l'opinion tendue. Louis XIV, en son temps, ne fit pas autre chose. Nicolas Sarkozy en rajoute donc une couche aujourd'hui, toujours dans les pas de Gordon Brown. Le président français, après avoir annoncé qu'il suivrait la voie choisie hier par le gouvernement britannique, doit détailler à son tour le profil de la taxation des bonus made in France. La chancelière allemande, Angela Merkel, rejoint l'initiative sur la pointe des pieds. Elle soutient verbalement le tandem franco-britannique, tout en prévenant qu'une telle mesure était compliquée à mettre en œuvre en Allemagne. Gordon Brown espérait sans doute mieux, conscient que des mesures visant à taxer les flux financiers n'ont de sens que si tout le monde les applique. Sans quoi, telle une volée de moineaux, ils iront se réfugier dans des places plus accueillantes. Car les intentions affichées par les Européens en la matière vont plus loin qu'une taxe exceptionnelle des bonus. Réunis au sommet de Bruxelles, ils ont adopté un texte pour “encourager” le Fonds monétaire international (FMI) à “envisager” une taxe mondiale sur les transactions financières, sur le modèle désormais fameux, mais jamais appliqué, de la taxe Tobin. La formulation du texte laisse donc au FMI une certaine marge de manœuvre... Grégoire Lecalot, avec agences
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