L'entreprise aérienne confirme qu'elle relève bien l'origine ethnique de son personnel pour des "vols spéciaux". L'association antiraciste crie au "fichage", et Air France répond qu'elle entend promouvoir ainsi sa diversité.
Ressource image - 105165 © ©RF/ Eric Chaverou Radio France
C'est ce mot qui a mis, entre autres, le feu aux poudres entre l'association SOS Racisme et Air France : "fichage", avec les connotations nauséabondes qu'on lui connait. A l'origine de cette polémique, assortie d'une plainte, des "vols spéciaux" qu'organise régulièrement la compagnie aérienne. Entendre par là des voyages promotionnels, des salons, des interviews. _ Pour ce genre d'événement, Air France recense des volontaires, qui doivent remplir une fiche avec un cadre lors d'un entretien. La personne intéressée se voit alors classée selon 7 critères ethniques : "africain, antillais, asiatique, eurasien, indien, méditerranéen, occidental". D'où la fureur de l'association, qui accuse la société de faire le "tri" au regard de critères ethniques pour "satisfaire les demandes commerciales de certains passagers". Sous-entendu : des vols avec un personnel à 100 % blanc seraient organisés pour certains clients. _ SOS Racisme a porté plainte le 15 mai 2008 devant le procureur de Pontoise pour "fichage ethnique du personnel" et "discrimination raciale dans les affectations de vols" des personnels navigants commerciaux. Le dossier devrait être transmis à la justice. "Promouvoir la diversité" Air France a donc décidé de contre-attaquer, en proposant sa version des faits. Il ne s'agit pas de "fichage" mais de "relevés". Un outil servant à la "promotion" de la diversité de l'entreprise. _ "Notre personnel est très divers. Nous tenons à le montrer sur les vols spéciaux où c'étaient toujours les mêmes qui partaient auparavant", explique un porte-parole, qui précise que 1.000 salariés (sur 16.000 personnels navigants commerciaux) sont actuellement répertoriés. Reste une question liée au droit, qui "dépasse" les motivations - discriminatoires ou pas - de l'entreprise. En effet, une loi de 1978 interdit en France de "collecter ou de traiter des données à caractère personnel qui font apparaître, directement ou indirectement, les origines raciales ou ethniques". _ A ce sujet, la compagnie précise que ce procédé est déclaré à la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) et que les renseignements à caractère ethnique "ne sont pas obligatoires" et conservés "avec l'accord" du salarié. Matteu Maestracci avec agences
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