Dans le chai du château La Nerthe, à Châteauneuf-du-Pape.
© RF/ Guillaume Gaven
Le vin français directement menacé par le réchauffement ?
Guillaume Gaven - 4 décembre 2009
Après avoir plutôt profité aux vins, le réchauffement climatique pourrait causer leur perte... Si aujourd’hui, il permet aux vignerons d’avoir des vendanges quasi-parfaites, il entraîne également une montée des taux d’alcool - qui oblige certains à, déjà, prospecter de nouveaux terroirs.
Des vignes jusqu’en Suède ; un Languedoc devenu désertique ; une Bourgogne au climat méridional... Ces prévisions ne sont pas fantaisistes, loin de là. Certains experts les prennent désormais très au sérieux, dans l’hypothèse où, d’ici la fin du siècle, les températures aient augmenté de 4 à 6 degrés.
Déjà, on a coutume de dire qu’une augmentation d’1 degré de la température globale conduirait à une remontée des vignes de 150 kilomètres au nord. Alors, pensez, 5 degrés...
Car le raisin n’est jamais aussi bon qu’à sa limite nord de maturité : en clair, le chardonnay - cépage roi des blancs de Bourgogne - pourrait pousser partout ailleurs, mais dans le Languedoc il mûrit trop, a tendance à trop se charger en alcool, et à développer des arômes lourds, compotés...
Le sommet de Copenhague aimerait bien parvenir à un accord pour faire diminuer les gaz à effet de serre - et ralentir ainsi le réchauffement climatique. Car, au-delà de 2 degrés, les conséquences se feront durement sentir sur tout l’écosystème. Dont la vigne est un excellent marqueur climatique.
| La vigne est sans doute la végétation qui a le plus évolué sous l’effet du réchauffement climatique... estime Bernard Seguin, chercheur en bioclimatologie à l’INRA d’Avignon. (4'28") | |
Pour l’instant, on n’en est pas encore là. Les viticulteurs ont d’ailleurs plutôt le sourire : grâce à ce début de réchauffement, ils n’ont plus de soucis de maturité. Quelle que soit la région, les raisins sont mûrs, la vendange n’a plus besoin d’être corrigée.
Seul bémol : cette plus grande maturité des raisins s’accompagne d’une hausse des degrés en alcool. Difficile aujourd’hui de trouver encore un vin à 12 degrés... Châteauneuf-du-Pape flirte allègrement avec les 15 degrés ; même la Bourgogne est plus souvent à 13.
Signe incontestable du réchauffement climatique : les vendanges sont de plus en plus précoces. En cinquante ans, c’est-à-dire grosso modo depuis la fin de la dernière guerre, les dates de vendanges ont avancé d’au moins 15 jours - trois semaines.
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