aller directement au contenu
  • Votre radio, vos favoris, vos alertes personnalisées

En mai, couvre-toi plus que jamais

le Vendredi 31 Mai 2013 à 07:20
  • Pas encore de votes

Printemps pourri et climatoscepticisme de comptoir

Presse 31/05/2013

Le printemps pourri et plus largement le climat restent omniprésent dans la presse ce vendredi encore...

Nous sommes le 31 mai : il faut le répéter parce que vu la couleur du ciel, ça n'est toujours pas évident. Pour beaucoup en ouvrant les volets ce matin, ce sera un paysage automnal... La pluie, voire la brume ou le brouillard. Et des températures matinales encore frisquettes.

La carte météo de ce 31 mai dans la presse : à la Une du Dauphiné, "l'un des pires mois de mai en Isère". A la Une de La République des Pyrénées, des champs inondés et l'annonce de "pluies calamiteuses pour le Béarn agricole", les Pyrénées où par ailleurs on va rouvrir - oui, rouvrir - des pistes ce week-end pour aller skier... Midi Libre, pas rassurant, s'interroge déjà sur "le scénario d'un été pourri".

Le Figaro Magazine ajoute que Cannes vient de s'offrir la palme des plus fortes pluies enregistrées sur la ville depuis 1946. A Paris, un record de froid le 24 mai, 3 degrés, du jamais vu depuis 1887. De l'avis de tous les météorologistes, on n'avait pas connu de printemps aussi maussade depuis trente ans.

Au point qu'il faut revoir la sagesse populaire comme l'écrivent les prévisionnistes de La Chaîne Météo dans Le Figaro Magazine : on connaissait le dicton "en avril, ne te découvre pas d'un fil", mais il faut oublier "en mai, fais ce qu'il te plaît", et le remplacer par un beaucoup moins printannier "en mai, couvre-toi plus que jamais"...

L'automne en mai en France. Pendant ce temps, comme vous l'avez entendu ce matin sur France Info, en Laponie, tout près du cercle arctique, on bat des records de chaleur, près de 30 degrés hier... Moscou a connu des journées de printemps presque caniculaires. Bref, "le climat a un grain", c'est le titre d'un long article que Libération consacre à cette météo qui déprime une bonne partie de la France et de l'Europe du Sud. C'est aussi la Une du Figaro Magazine avec cette question : "Le réchauffement climatique, c'est pour quand ?"

Car vu les températures de ce mois de mai, on entend beaucoup que le réchauffement climatique, décidément, on a du mal à y croire...

C'est le grand retour d'une sorte de climatoscepticisme de comptoir... l'occasion est trop belle de mettre en doute les conclusions des experts sur l'inéluctable réchauffement de la planète avec son cortège de conséquences dramatiques. Mais sagesse populaire ne rime pas toujours avec rigueur des experts : c'est ce que rappelle Sylvestre Huet dans Libération qui invite à voir plus loin que son bout d'automne français.

D'abord, si le printemps est marqué par quelques records et en fait surtout par les effets psychologiques d'un soleil aux abonnés absents, l'hiver n'a pas été si froid ni si exceptionnel que le laissent penser les ronchonnements des frileux : on l'a déjà oublié, mais décembre a même été nettement plus chaud que la moyenne climatologique.

Et si on passe de la situation franco-française à une échelle planétaire, la période de janvier à avril se classe au 8ème rang des périodes les plus chaudes depuis 134 ans. Ce qui ne risque pas de changer le diagnostic sur l'évolution climatique en cours. Diagnostic compliqué, mais avec au moins une certitude que notre printemps automnal ne remet pas en cause : le changement climatique est en cours.

Outre les thermomètres à l'échelle planétaire, il y a d'autres témoins innocents et incontestables de cette réalité : les poissons. L'analyse des pêches mondiales depuis plus de 40 ans montre la tropicalisation des prises, avec le constat jamais démenti que les espèces des mers les plus chaudes se répandent dans tous les océans, la preuve de l'augmentation globale des températures des océans. Conclusion de Libération : sous l'eau, il n'y a pas de climatosceptiques.

Sans parler de la fonte accélérée de la banquise, qui est d'ailleurs aussi comme l'expliquent certains spécialistes cités par Le Figaro Magazine l'une des possibles explications paradoxales du mauvais temps : en fondant, la banquise prouve le réchauffement, mais le phénomène sème aussi une belle pagaille dans les nuages en modifiant nos habitudes. Il va falloir s'y faire, "en mai, couvre-toi plus que jamais".

Avec une conséquence inattendue de ce climat pluvieux : à force de prendre la pluie quasiment à chaque déplacement depuis son élection, François Hollande a pris le parti d'en rire, "gouverner, c'est pleuvoir", c'est ce qu'il disait au Maroc il y a quelques semaines, il aurait pu le répéter en Ethiopie la semaine dernière, où il a passé seulement dix heures, mais sous la pluie.

Comme l'écrit Carl Meeus dans Le Figaro Magazine, Hollande n'a plus qu'à attendre, stoïque sous les averses, que le soleil revienne. Stoïque, comme sous l'autre mauvaise averse de ce printemps décidément pourri, l'averse sociale avec le nouveau record du chômage qui est l'autre grand titre ce matin, et là aussi, on espère qu'il ne faudra pas attendre encore quatre ans pour voir enfin l'éclaircie.

La presse à la Une

La presse à la Une du 31/05/2013 avec Frédéric Plancard de L'Est Républicain   
 

Lecture
 
Partager

 
Rendez-vous ce matin avec la rédaction de l'Est Républicain. Avec une plongée dans l'histoire... "La guerre refait surface dans la Meuse", c'est le titre à la Une de l'Est Républicain. Cinq noms publiés dans le journal : Jean Caillou, Albert Hennequin, Albert Le Boeuf, Jules Letellier et Charles-Louis Desplanques. Ces cinq noms, ce sont ceux des cinq Poilus de la Grande Guerre dont les corps ont été retrouvés hier avec cinq autres qui n'ont pas pu être identifiés. Une découverte rarissime racontée ce matin dans l'Est Républicain. Les explications de Frédéric Plancard.

L'Est Républicain - 31/05/2013 

 

 

aller directement au contenu