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Trois jours sans portable

le Mercredi 8 Février 2012 à 06:55
  • Votre évaluation : None Moyenne : 4 (7 votes)

Aujourd'hui s'achèvent les "trois journées sans portable"... Ou comment se désintoxiquer de la drogue de la plus dure de notre environnement quotidien...

Croyez-moi ou pas, mais ça doit faire du bien de se passer de son téléphone portable… Trois jours par an, c’est pas grand chose… C’est une initiative citoyenne qui existe depuis dix ans en France, avant d’être devenue mondiale… Mais elle reste finalement assez peu connue… Ca commence le 6 février et dure jusqu’au 8… Pourquoi le 6 février ? Parce que c’est le jour de la saint Gaston et que chacun sait que « Gaston, y a le téléfon qui son »… C’est charmant… C’est comme si on décrétait le 9 décembre journée mondiale du fromage, parce que c’est la saint Nectaire…

Cela dit, on a bien conscience que pour beaucoup d’entre nous, c’est devenu extrêmement difficile de se passer de cette excroissance auriculaire, aux bénéfices d’ailleurs incertains pour la santé… Certes, d’un côté, le portable développe les muscles des doigts qui s’agitent pour envoyer trois SMS à la minute et peut également vous sauver la vie quand vous faites du ski hors piste… Mais d’un autre côté, par ses ondes maléfiques, il nous rend impuissant quand on le garde trop longtemps dans la poche de son pantalon… C’est ce que disent, du moins, quelques scientifiques qui ont manifestement bien étudié la chose…

Ne soyons pas hypocrites, les possesseurs de portable ont bien du mal à se désintoxiquer de leur drogue quotidienne… Si encore le portable se contentait du minimum, c’est-à-dire de téléphoner… Mais non… Aujourd’hui, et notamment depuis l’arrivée en force des Smartphones, il nous réveille, il prend des photos, il est notre mémoire à travers ses agendas et répertoires… Il nous permet d’écouter Bach et Mozart, les Beatles et Joey Starr… Avec lui, on filme la neige qui tombe, les premiers cris de bébé à la maternité, les tournantes dans les caves du 9-3, les naufrages en mer Thyrrénienne et tous les dérapages de la campagne électorale… Grâce à lui, on réserve au restaurant, on paie son billet de train, on sait à tout moment où en est le CAC40…

Et surtout, portable en main, le fils d’Adam n’a plus besoin d’errer comme une âme en peine dans les allées du Carrefour City, rongé par l’anxiété et l’indécision face au choix cornélien qui s’offre à lui devant le rayon des produits ménagers… Allo, bibiche, l’assouplissant pour le linge, je prends quoi ? Pin des Landes… Brise marine bretonne… Ou Caresse de lavande provençale… Trois jours sans ça, c’est difficile à envisager… Vous vous rendez compte des progrès immenses que nous a permis de faire le portable dans le domaine des courses au supermarché ? Comme quoi, en effet, toutes les civilisations ne se valent pas… Evidemment, vous n’êtes pas obligés de me croire…