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Avertisseur de dérapage

le Jeudi 5 Janvier 2012 à 06:55
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Plus question, désormais, d'utiliser son avertisseur ou détecteur de radar sur l'autoroute ou sur la route. Et si on adaptait ce système aux responsables politiques..

Croyez-moi ou pas, mais je ne suis pas certain que ce soit une très bonne chose que de vouloir s’attaquer aux avertisseurs de radars. Ils étaient d’ailleurs devenus, depuis quelque temps, par un de ces glissements sémantiques dont le politiquement correct a le secret, des auxiliaires de sécurité à la conduite. Le détecteur de radar, c’est bien connu, c’est juste pour t’aider à mieux conduire, à conduire en parfaite sécurité, et surtout pas pour te permettre de rouler à 180 à l’heure sur l’autoroute et de donner un grand coup de frein quand le détecteur siffle un kilomètre avant le radar. Non, sûrement pas. Ca sert avant tout à éviter les hérissons égarés sur la chaussée et à rejeter moins de CO2 sur les rossignols et les papillons, car l’auxiliaire de sécurité à la conduite aime la nature.

Désormais, tout cela est à ranger au musée des antiquités. A partir de maintenant, tout conducteur surpris avec son détecteur en marche ou son GPS en fonction antiradar risque de perdre six points sur son permis et de verser un peu plus qu’un SMIC au Trésor public. Dommage pour les hérissons, les rossignols et les papillons… Qui étaient, jusqu’à présent, les grands bénéficiaires de l’efficacité de ces appareils. Vraiment, on sent que le gouvernement se soucie peu d’écologie.

En revanche, on sent qu’avec cette mesure, la maréchaussée va basculer dans l’univers palpitant des nouvelles technologies, quand il faudra, nonobstant et subséquemment, vérifier le détecteur du supposé contrevenant et entrer dans son menu. Dans le menu du détecteur, hein, pas du contrevenant, qui, lui, de toute façon, n’a pas le temps de s’arrêter déjeuner, eu égard à sa vitesse de croisière. Je ne saurais trop conseiller aux représentants des forces de l’ordre, à nos amis en bleu marine, de s’adjoindre, pour ce faire, l’appui logistique d’une armada de geeks sachant naviguer dans les entrailles de n’importe quel appareil électronique ou informatique. Ils vont voir ce que c’est que de plugger les login et de déverrouiller les applis.

Mais on ne m’empêchera pas de penser qu’on aurait dû créer une exception à l’utilisation de ces avertisseurs. C’est dans le domaine du discours politique. Avec la campagne présidentielle qui démarre, on devrait équiper chaque candidat d’un avertisseur de dérapage. Un appareil qui fait bip-bip deux phrases avant d’en sortir une grosse. Le genre de boulette qu’on regrette d’avoir lâchée au moment même où on la lâche, parce qu’on sait qu’on va la retrouver dans la presse ou sur le net. Et là, plus de "casse toi pov’ con", plus de "sale mec". Et plus de polémiques stériles. Pour ça, l’avertisseur serait vraiment utile, mais évidemment, vous n’êtes pas obligés de me croire…