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Tygart, l'homme qui a fait tomber Armstrong

le Lundi 24 Septembre 2012 à 16:03
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Dans les colonnes de L'Equipe lundi, le patron de l'Agence américaine antidopage (Usada), Travis Tygart, explique les raisons qui le motivent à aller au bout de son action dans l'affaire Lance Armstrong, en dépit des multiples intimidations dont il fait l'objet depuis qu'il gère ce dossier.

Il restera l’homme qui a fait chuter l’icône du cyclisme, Lance Armstrong. Celui qui a fait tomber de son piédestal le septuple vainqueur du Tour de France entre 1999 et 2005. Le nom de Travis Tygart restera associé pour toujours à celui du coureur américain dans la triste fin de ce dernier. Perçue comme de l’acharnement par ses détracteurs, l’obstination du boss de l’Agence américaine antidopage (Usada) a fini par payer. Le 23 août dernier, Armstrong annonçait qu’il renonçait à faire appel de la décision de l’Usada, qui avait ouvert une procédure disciplinaire pour dopage à l’encontre du Texan deux mois plus tôt. Armstrong souhaite « tourner la page »  et accepte par conséquent la perte de ses sept victoires sur la Grande Boucle et une radiation à vie du cyclisme en attendant la décision de l’UCI. S’appuyant sur des dizaines de témoignages à charge d’anciens coéquipiers d’Armstrong chez US Postal, Tygart a réussi à décourager l’homme qui est parfois considéré comme un « héros » aux Etats-Unis. « Le mandat de l’Agence est clair : nous sommes là pour prendre défendre les athlètes propres et nous le faisons. Sinon, nous serions fautifs », a déclaré ce dernier dans l’Equipe, lundi. Un rapport accablant publié en fin d’année La ténacité de Tygart dans ce dossier n’est en aucun cas liée à une quelconque volonté de s’offrir « le scalp » d’un mythe comme il l’affirme : « Il était un héros et il reste un héros pour beaucoup. C’est une triste destinée. Briser les rêves et les légendes ne m’excite pas en soi mais les faits sont les faits ». Le patron de l’USADA défend sa position en voyant plus loin : « Cette affaire est bien plus large que le seul cas Armstrong. On parle d’ici d’une véritable conspiration de l’US Postal, parfaitement organisée avec une quantité d’acteurs compromis ». Le combat de Tygart est pratiquement terminé malgré les nombreuses pressions et intimidations qu’il a subies. : « L’affaire Armstrong me vaut des menaces de mort. J’en ai reçu trois, des initiatives individuelles à mon avis ». Il poursuit : « L’opinion américaine doit être partagée, forcément, poursuit-il. Certains m’en veulent terriblement et d’autres comprennent qu’il n’y a pas d’autre choix que de faire respecter les procédures, pour Armstrong comme pour tout autre citoyen ». Epaulés par une quarantaine de collaborateurs, Travis Tygart et l’USADA publieront à la fin de l’année le fameux dossier à charge. Un rapport accablant très attendu par le grand public qui marquera probablement la fin de la légende Armstrong. En revanche, une chose est sûre : son bourreau s’appelle Travis Tygart. Florent Gazeau