Bradley Wiggins et Sky, tactique gagnante

par dimanche 22 juillet 2012 18:30
Panoramic

Bradley Wiggins a remporté dimanche le premier Tour sa carrière. Tout sauf un hasard puisque son équipe, Sky, avait planifié de façon très méticuleuse ce sacre britannique.

« C’état un Tour sur mesure pour lui. Depuis le départ, le Tour est fait pour les « chrono-men ». Ce parcours, c’est fait pour lui. » A en croire les propos d’Alain Gallopin, le directeur sportif de RadioShack-Nissan, la première victoire de Bradley Wiggins sur un Grand Tour était plus que prévisible. Taillée pour voir remporter un coureur de sa Gracieuse Majesté, la machine de guerre Sky a réussi son coup lors de cette Grande Boucle, d’autant que Christopher Froome aurait très bien pu être lui aussi en jaune sur les Champs Elysées. « Il a une équipe extrêmement forte qui écrase la concurrence. On ne va pas jouer les jaloux et les envieux mais c’est vrai qu’on est un peu nostalgique des épopées où les coureurs attaquent et prennent des risques, regrette le manager de Saur-Sojasun, Stéphane Heulot, Là, il n’y en a aucun de pris. Tout est planifié. Ça n’est pas spécialement le cyclisme que j’aime.  »

Avec dans ses rangs des coureurs de la trempe de l’Australien Michael Rogers, du Britannique Mark Cavendish et surtout du Norvégien Edvald Boassen Hagen, véritable locomotive en tête du peloton, l’équipe Sky a survolé cette édition 2012 de la Grande Boucle en ne laissant aucune chance aux principaux rivaux de Wiggins. Le tout avec une minutie d’horloger. « On n’est plus au temps des grandes années de Merckx et Hinault. On ne voit plus de grandes attaques. Le cyclisme est différent, remarque de son côté le manager d’AG2R La Mondiale, Vincent Lavenu. Sky a encore élevé le côté professionnel. Ils ne laissent rien au hasard. » Complémentaire et brillante, l’équipe anglaise n’a pas cependant pas rendu la course très attrayante. La faute également au manque de concurrence cette année avec les absences conjuguées de l’Espagnol Alberto Contador et du Luxembourgeois Andy Schleck.

Dur d’imaginer que Wiggins, qui s’est même chargé de ramener le peloton lors de la 13eme étape sur un échappé, aurait été autant dominateur si les deux anciennes terreurs du cyclisme avaient été présentes. « Ils ont élaboré une technique, a affirmé l’ancien coéquipier de Wiggins, Nicolas Roche, aujourd’hui chez AG2R La Mondiale. Brad sait qu’il peut gagner en contrôlant la course, en montant à une certaine allure et en gérant ses contre-la-montres. Il l’applique à la perfection. Tout est calculé. » En attendant, après une troisième place sur la Vuelta, Wiggins a inscrit à jamais son nom au palmarès de la course cycliste reine. « Ils ne se font pas que des amis mais ce sont les plus forts. On ne peut que s’incliner », conclut en toute honnêteté, Stéphane Heulot. Et c’est peut-être fait pour durer…

Propos recueillis par Jean-François Paturaud