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Le corps et le nu dans les arts visuels arabes, une expo événement à Paris

le Jeudi 5 Avril 2012 à 05:40
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La représentation du corps et du nu dans les arts visuels arabes, c'est le thème d'une exposition majeure qui vient de commencer à l'Institut du monde arabe à Paris, avec quelques 200 œuvres de 70 artistes, vivants dans leur pays d'origine ou non.

Le Déraciné, 1984, huile sur toile de Nama Hadi, collection particulière, huile sur toile, 130 x 195 cm © Radio France - Naman Hadi

Le nu, le corps dans la peinture et l'art contemporain arabe, est un thème central depuis les 30 dernières années chez les créateurs. Hommes et femmes sous la pression sociale et religieuse, luttent contre la censure avec des œuvres audacieuses qui ont fait irruption sur la scène internationale. Les peintures, vidéos, sculptures, installations et  photographies déployées dans une scénographie élégante à l'Institut du monde arabe à Paris en témoignent puissamment. Les clichés les plus tenaces sont balayés, comme l'interdiction de la figuration, et de la représentation du corps nu dans les sociétés arabes.

La tradition picturale dans le monde arabe est assez récente. Elle débute en Egypte au XIXè siècle, dans le cadre des grandes réformes de l'empire ottoman et des revendications de la Nahda, la renaissance arabe. Les premiers peintres de chevalet apparaissent, la première école des beaux-arts est créée en 1908 au Caire, d'autres naîtront dans le courant de la première moitié du XXè siècle à Beyrouth, Bagdad ou Damas. L'exposition montre pour la première fois en France des nus d'un contemporain de Renoir, des toiles de 1901 et 1913 du peintre libanais Khalil Saleeby. Les premières salles de l'exposition marquées du sceau de l'académisme (le nu peint d'après le modèle vivant) sont rythmées par l'accrochage d'œuvres contemporaines, notamment celles d'un créateur égyptien célèbre qui vient d'avoir sa première rétrospective à la MEP (Maison Européenne de la Photographie, à Paris)), le photographe Yousseff Nabil.

L'humour, la dérision, la quête d'identité et du désir, la souffrance du corps, l'homosexualité, le corps idole, mais aussi l'érotisme, la pornographie, la violence, les marques sur le corps, toutes ces thématiques sont abordées dans un parcours fluide avec une zone réglementée interdite aux juniors où des nus de 1920 côtoient les monochromes drôles et osées de la libanaise Huguette Caland, 80 ans qui vit en Californie. Des toiles intitulées Selfportrait des années 70 représentant des fesses. Une salle avec aussi des parodies très kitch en strass et plumes du tableau L’origine du monde de Courbet .

Selfportrait 1, 1973, huile sur toile 119,38 x 119,38 cm
Huguette Caland © Radio France Collection de l'artiste

L'espace consacré au corps souffrant est magistral avec notamment une peinture de l'irakien Naman Hadi, sur la souffrance de l'exil et le déracinement, exposée pour la première fois en France : un homme nu sur un lit blanc avec ses jambes et ses pieds en forme de racines d'arbre. Les photographies et l'installation d'un corps de femme emmailloté dans une couverture de la franco-tunisienne Meriem Bouderbala évoquent  l'inquiétude des femmes par rapport à la régression des libertés. Meriem a récemment invité des artistes arabes étrangers à venir montrer leur travail en Tunisie et prépare une foire d'art contemporain à Tunis.

Le corps découvert, 200 œuvres à voir jusqu'au 15 juillet à l'Institut du monde arabe à Paris.

Ecouter l'entretien avec Philippe Cardinal, co-commissaire de l'exposition avec Hoda Makram-Ebeid
 

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Ecouter l'entretien avec l'artiste irakien Naman Hadi

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Ecouter l'entretien avec l'artiste franco-tunisienne, Mériem Bouderballa
 

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