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Fabrice Hyber : matrice d'une oeuvre à la Fondation Maeght

le Jeudi 25 Octobre 2012 à 08:25
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L'artiste français Fabrice Hyber est accueilli comme un créateur majeur du XXIe siècle à la Fondation Maeght à Saint-Paul de Vence. 21 de ses "peintures homéopathiques" sont pour la première fois rassemblées dans une exposition intitulée "Essentiel". Elle présente tous les aspects du travail de ce professeur Tournesol, espiègle, fou de dessin.

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Fabrice Hyber : peintures homéopathiques © FranceInfo

Fabrice Hyber règne en majesté jusqu'au 6 janvier, à la Fondation Maeght à Saint-Paul de Vence dans les Alpes-Maritimes, avec une vingtaine de ses peintures homéopathiques et une quinzaine de ses petits bronzes verts, les Hommes de Bessines, installés dans les bassins de ce lieu magique, au milieu des grands pins, en face des sculptures de Miro ou de Giacometti.

 Artiste prolifique, drôle et inventif, Fabrice Hyber croise depuis 25 ans, l'art, la science, la vie, les savoirs-faire. Pas moins de trois expositions lui sont consacrées en France cet automne. A la Fondation Maeght, avec ses étonnantes peintures homéopathiques, d'immenses collages enveloppés dans de la résine, qui mettent en perspective son processus de création depuis 1986, avec comme base essentielle, le dessin et l'écriture. "C'est le minimum que j'ai trouvé entre ma pensée et le physique, avec une forme à chaque fois différente", précise l'artiste. Au Palais de Tokyo à Paris, avec une autre exposition monographique en forme d'expérience, autour de tableaux, d'environnements et de comportements. On peut par exemple s'enfermer dans une petite baraque en bois où il pleut et où tonne l'orage. Enfin au musée d'art contemporain de Vitry-sur-Seine, dans le Val de Marne, le visiteur s'amuse en jouant avec ses POF, ce qu'il appelle des prototypes d'objet en fonctionnement, des objets détournés de leur fonction, comme par exemple un ballon carré.

Fabrice Hyber, Peinture homéopathique n°28 (Je s'aime 2), 2008-2009. Réalisée à Tokyo, Mishima et Paris. Collection de l'artiste © Fabrice Hyber. Adagp Paris 2012. Photo Marc Domage.

 

Les peintures homéopathiques symbolisent le fourmillement de la pensée de Fabrice Hyber, de ses courts-circuits, de son énergie érotique

Le cœur de son œuvre, ce qui englobe et fait rebondir tout son processus créatif est rassemblé pour la première fois à Saint-Paul de Vence. 21 peintures grand format qu'il a sélectionnées sur les 30  réalisées depuis 25 ans, entraînent le visiteur dans un parcours  énigmatique et dépaysant, tandis qu'une quinzaine de ses petits Hommes verts de Bessines, des bronzes percés de trous qui se transforment en fontaine, dialoguent avec les sculptures d'artistes majeurs de la Fondation, autrefois invités de leur vivant, à créer dans cet ilot de bonheur. Les peintures homéopathiques symbolisent le fourmillement de la pensée de Fabrice Hyber, de ses courts-circuits, de son énergie érotique. Elles sont pour lui comme des repères dans sa création. "C'est un remontage, une mise au point d'une pensée multidirectrionnelle. Je montre, j'expose ma pensée qui va dans tous les sens. Tous les ans ou tous les neuf mois, j'écris ce que je viens de faire, c'est une histoire où je m'arrête, et je regarde derrière... Tout est lié", souligne  l'artiste.

Les Hommes de Bessines, 1991, Fabrice Hyber © Radio France Claire Baudéan

La Fondation Maeght, à travers Marguerite et Aimé Maeght, et aujourd'hui avec Adrien Maeght et ses descendants, a toujours travaillé avec les artistes vivants. Pour Olivier Kaeppelin, l'actuel directeur, ancien professeur de Fabrice Hyber aux Beaux-Arts de Nantes, les créations protéiformes de cet artiste en perpétuel mouvement, interrogent le monde en l'inventant : " les grandes figures de la Fondation comme Braque, Calder et Miro, ont inventé une conception de l'espace. Hyber ne représente pas le monde, il ne fabrique pas des images. Il comprend qu' on est entré dans un monde fait d'additions, de superpositions, de zappings, de glissements. C'est cela qu'il montre. Il nous aide à comprendre ce qui nous arrive". 

Fabrice Hyber devant un "Homme de Bessines" à la Fondation Maeght, le 6 octobre 2012 © Radio France Claire Baudéan

Fabrice Hyber, c'est le créateur du plus grand savon du monde qui,  en 1991, se promenait sur un semi-remorque sur les routes de France et stationnait dans des hypermarchés. C'est aussi l'homme des C'Hyber Rallyes organisés un peu partout dans le monde, il a aussi créé en 2006 le gigantesque puzzle de céramiques, l'Artère, au Parc de la Villette à Paris pour commémorer les 20 ans de pandémie du sida. Aujourd'hui il travaille avec Adrien Maeght sur le projet de la plus grande gravure du monde.  Hyber, omniprésent, super vivant. C'est ce que l'on ressent devant ses œuvres. Certaines traduisent sa propre histoire. Un phénix qui renait de ses cendres. Atteint par une bactérie très rare, Fabrice Hyber a résisté dans des œuvres littéralement homéopathiques. Pascal Rousseau, historien de l'art, suit l'artiste depuis plus de 20 ans. "Il est obsédé par la forme et se dit constamment : quelle est la forme la plus juste pour exprimer ce que j'ai à dire ? Il réinterroge son vocabulaire, il est en perpétuelle expérimentation. L'idée de gérer le mal par le mal, l'homéopathique, Hyber l'entend de manière plus simple pour lui. C'est l'idée de créer une sorte de peinture qui serait un antidote à ce qu'il appelle la nature inhumaine. Ses œuvres sont organiques, vivantes, elles ont toujours à voir avec la vie, et avec sa vie".

Fabrice Hyber, ESSENTIEL, peintures homéopathiques, à la Fondation Maeght à Saint-Paul de Vence jusqu'au 6 janvier 2013.
Au Palais de Tokyo à Paris, Imaginez l'imaginaire, jusqu'au 7 janvier, et au MAC/VAL à Vitry- sur-Seine, où sont rassemblés pour la première fois ses 160 POF, prototypes d'objet en fonctionnement, des objets détournés de la réalité, à expérimenter jusqu'au 20 janvier 2013.

Ecouter "La culture et vous" de 8h25 consacré à cette exposition de Fabrice Hyber
 

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Ecouter l'entretien intégral avec Fabrice Hyber dans l'exposition à la Fondation Maeght
 

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Ecouter l'entretien avec Olivier Kaeppelin, directeur de la Fondation Maeght
 

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Ecouter l'entretien avec l'historien de l'art, Pascal Rousseau
 

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