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Vertigineuse "Triennale" de l'art au Palais de Tokyo à Paris

le Samedi 21 Avril 2012 à 09:55
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La réouverture au public à Paris du Palais de Tokyo, c'est l'événement de ce week-end avec une manifestation d’envergure : "La Triennale, Intense Proximité", un fascinant rendez-vous de plusieurs mois pour l’art contemporain et le public, qui a lieu tous les trois ans et qui s’appelait en 2006 et 2009 "La Force de l’Art".

La Triennale 2012 © Palais de Tokyo - Auteurs

Jean de Loisy, commissaire des fameuses expositions La Beauté à Avignon en 2000 ou des Maîtres du désordre, en ce moment au musée du Quai Branly,  est le nouveau capitaine du paquebot Palais de Tokyo, avenue du Président Wilson à Paris, avec son architecture intérieure brute de décoffrage qui est passée de 7 000 à 22 000m2 et l’ouverture en sous-sol des espaces de l’ancienne école de cinéma La Fémis. On peut aussi désormais profiter de la lumière qui entre dans les espaces du lieu qui s’ouvrent sur le fleuve parisien la Seine.

C'est une réussite même si les plus grincheux se plaignent de l’aspect friche de Berlin de ce vaste territoire. Sa réouverture saluée en avant- première la semaine dernière par 30 000 visiteurs, et depuis hier par plusieurs autres milliers de curieux,  met un sérieux bémol aux controverses qui ont marqué son histoire depuis sa création il y a 10 ans en 2002. Cette Triennale à visiter absolument jusqu’au 26 août, témoigne de la richesse et de la force de l’art à travers 120 créateurs et quelques 1200 œuvres. Jean de Loisy et les commissaires de cette grand-messe artistique, ils sont cinq, Okui Enwezor, commissaire général, entouré de Mélanie Bouteloup, Abdellah Karroum, Emilie Renard, Claire Staebler, ont choisi pour thème l’Intense Proximité ou plus concrètement la culture des autres.

Paris, avec la réouverture de ce lieu pour l’art contemporain, renforce sa place sur la scène internationale. Après la remontée en force de la Fiac ces dernières années, de Paris Photo, et le goût marqué du public pour toutes les expos et les galeries d’art contemporain, le Palais de Tokyo associé  à des lieux du Grand Paris comme Ivry, Aubervilliers, Montreuil, mais aussi le musée de la mode Galliera de l’autre côté de l’avenue Wilson, le musée du Louvre et le Grand Palais au cœur de la capitale, unissent leurs moyens pour faire de cet événement, une sorte de préfiguration du Grand Paris de la Culture. On peut enfin dire que la rencontre avec l’art d’aujourd’hui c’est possible pour tous. Le lieu n’est pas arrogant, les œuvres sont présentées simplement, il invite à la déambulation, c’est gratuit pour les moins de 18 ans et l’entrée est de 8 euros si on veut tout visiter, le prix d’une place de cinéma, mais la moitié de la surface et des expos est gratuite en permanence.

La Triennale est le lieu de la découverte. C’est un vrai voyage, une immersion, une orgie visuelle, attention à l’overdose, il y a des œuvres partout sur trois niveaux, des terribles comme la vidéo violente de six minutes de Thomas Hirschorn, des frontales et politiques comme la salle des filles prostituées d’Amsterdam de Jean-Luc Moulène, des merveilleuses comme l’installation d’Annette Messager, des artistes roumains, allemands, africains, brésiliens, américains, italiens mais aussi des philosophes, cinéates, écrivains. Nos coups de cœur vont à l’italienne Carol Rama, 94 ans depuis trois jours, elle a reçu un Lion d’Or à la Biennale de Venise pour sa carrière en 2003, mais aussi au photographe allemand Thomas Struth, au sud-africain Guy Tillim, au peintre allemand Michael Buthe.

Ce qui ressort de cette culture des autres, de ces chemins hors piste, où de grands noms du XXè siècle comme l’anthropologue Claude Levi Strauss et le photographe américain Walker Evans côtoient la plus jeune création, c’est le retour de la figure humaine. C’est l’idée sous-jacente du commissaire général new-yorkais Okui Enwezor, d’origine nigériane, de la tribu des Eboes : "Je n’ai pas cessé de penser, pendant la préparation de l’exposition, que le discours sur l’image, en particulier sur l’image photographique au Nigéria, est pour moi tout à fait remarquable chez les Eboes. Quand quelqu’un meurt au Nigéria, on tourne la photo de cette personne face au mur. C’est seulement quand le corps est enterré, que l’on peut remontrer le visage. Le portrait, la photo est retournée à nouveau et fait face aux vivants. Je pense que cette réémergence de la figure, cette métaphore, ce discours sur l’image en photographie, sur la représentation du corps invisible, c’est une thématique qui est quelque peu développée dans cette Triennale."

La Triennale un grand rendez-vous à Paris pour le public et les artistes dans le Palais de Tokyo agrandi et rénové. Une exposition à découvrir jusqu’au 26 août. Ouverture tous les jours sauf le mardi de midi à minuit.

Ecouter Okwui Enwezor, le commissaire général de la  Triennale devant l'oeuvre monumentale de l'artiste El Anatsui du Ghana, qui recouvre toute la façade du musée de la mode            
 

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Ecouter le directeur du Palais de Tokyo Jean de Loisy
 

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Ecouter Claire Staebler, l'un des cinq commissaires de la Triennale Intense Proximité
 

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