Vol Rio-Paris : la catastrophe reconstituée dans un simulateur de vol

par France Info mercredi 2 novembre 2011 00:00
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Peut-être la fin du mystère du vol Rio-Paris. Demain le BEA, le bureau d'enquêtes et d'analyses, publie son troisième rapport d'étape sur le crash qui a fait 228 morts au large du Brésil le 1er juin 2009. S'il ne faut pas s'attendre à de grandes révélations, on devrait quand même obtenir quelques confirmations. _ Pour France Info, notre spécialiste aéronautique, Frédéric Béniada, a pu lors d'une séance en simulateur de vol, revivre minute par minute le scénario de la catastrophe. Il nous livre ses conclusions.

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Sans tirer de conclusions hâtives ni pointer du doigt la responsabilité, des pilotes ou un éventuel défaut de conception de l’avion, ce que l’on peut dire, c’est que l’équipage a été surpris par la perte des indications de vitesse due au givrage des sondes Pitot.

À 11.000 mètres, la marge de manœuvre est extrêmement étroite. Toutes les corrections sur les commandes doivent être fines. Lorsque le pilote automatique et l’auto-poussée se sont désengagés, le pilote en fonction, assis en place droite, a tiré assez fortement sur le mini-manche, avec toute la poussée des moteurs. Ce qui a eu pour conséquence de faire monter l’avion jusqu’à atteindre la limite de son domaine de vol.

Pendant plus d’une cinquantaine de secondes, l’alarme de décrochage a retenti. Mais sur Airbus, lorsque la vitesse devient trop faible, elle s’arrête. Du coup, à chaque fois que l’équipage a tenté de repositionner l’avion en descente, à piquer, l’alarme s'est réenclenchée, ce qui a sans doute semé le trouble dans l’esprit des pilotes. Or ils n’avaient que quelques secondes pour réagir face à des systèmes complexes, qui en situation dégradée demandent un temps de réflexion.

L’appareil s’est retrouvé dans une position quasi-irrécupérable. Avec cette mauvaise analyse de la situation, les pilotes n’ont pas compris qu’ils décrochaient.
_ Au simulateur de vol, nous avons pu récupérer ce décrochage haute-Altitude. Mais pour une raison toute simple : nous savions précisément ce qui allait se passer, nous savions où regarder, pour y avoir été parfaitement préparés.

Frédéric Béniada, spécialiste aéronautique pour France Info