Fleur Pellerin réfléchit à une mesure contre la censure dans les médias

par Julie Marie-Leconte mardi 13 octobre 2015 23:29, mis à jour le mercredi 14 octobre 2015 à 05h00
Fleur Pellerin réfléchit à un amendement pour renforcer l\\\'indépendance des médias face aux pouvoirs financiers et des annonceurs. © Maxppp
Fleur Pellerin réfléchit à un amendement pour renforcer l'indépendance des médias face aux pouvoirs financiers et des annonceurs. © Maxppp

Après la censure présumée d'un documentaire sur le Crédit Mutuel qui devait être diffusé sur Canal+ cet été (finalement diffusé par France 3), la ministre de la Culture et de la Communication, Fleur Pellerin, réfléchit à un amendement "anti-Bolloré", nouveau patron de Vivendi et de Canal+, soupçonné d'avoir été à l'origine de la décision de censure.

Des affaires comme celle de la déprogrammation du documentaire sur les manoeuvres fiscales du Crédit Mutuel, forcément, il y en aura d’autres. Voilà ce qui se dit à l’hôtel de Valois. Du coup, ce qui se dit aussi, c’est qu’il faut protéger l’indépendance des médias contre les intérêts économiques des actionnaires et des annonceurs.

Clause d'indépendance

L’idée du ministère de la Culture et de la Communication, c’est de renforcer, dans la loi, les pouvoirs du Conseil supérieur de l’audiovisuel. Le CSA pourrait aller jusqu’à proposer des noms pour participer aux comités d’éthique des chaînes généralistes. Mais surtout ces chaînes seraient obligées d’inscrire dans la convention qui les lie au gendarme de l’audiovisuel une clause pour garantir l’indépendance éditoriale des rédactions. Ce qui n’existe pas aujourd’hui chez Canal Plus, et c’est bien tout le problème.

Protéger les lanceurs d'alerte

Au ministère de la Culture, on réfléchit aussi à protéger les lanceurs d’alerte, les journalistes, ou les rédactions qui dénonceraient la censure ou les pressions. Et on se dit qu’il faut aller vite. L’examen, en deuxième lecture, au Sénat de la loi sur la liberté de création portée par Fleur Pellerin pourrait effectivement être un bon créneau. En tous cas tout est prêt.  Ne restent plus que les arbitrages dit  "politiques", à Matignon et à l’Elysée.