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Budget serré pour les vacances d'été des Français cette année

le Lundi 2 Juillet 2012 à 07:15
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Les vacances approchent pour les écoliers, plus que quelques jours d'école à supporter puisque la fin des cours est pour jeudi soir. 53 % des Français devraient partir en vacances cet été. Les professionnels du tourisme partout en France en sont aux derniers préparatifs.

L'avenue de la mer à Biscarosse. La station, plus populaire que ses voisines Arcachon et Lège-Cap ferret, souffre de la crise. © Radio France - Mathilde Lemaire

À Biscarosse dans les Landes, tout le monde là-bas est sur le pont. Pour accueillir les touristes, les ouvriers municipaux — en gilet fluo — s'activent pour goudronner  certains trottoirs. On croise des camionnettes d'artisans pressés, des fourgonnettes de plombiers, carreleurs, peintres. Jérôme est spécialisé dans les stores et il l'explique :

"Depuis deux semaines, je n'arrête pas c'est le coup de feu."

Et l'artisan de détailler, un brin agacé : "Chaque année la même chose. Les particuliers comme les commerçants s'y prennent au dernier moment pour nous appeler pour leurs réparations. Je leur dis qu'il serait mieux de nous appeler l'hiver, mais rien n'y fait." Il fait des journées de 15 heures de travail en ce moment.

Parmi ceux qui s'activent également à Biscarosse comme dans beaucoup de stations balnéaires en ce moment : les employés saisonniers. La plupart sont des jeunes arrivés de Lyon, Saint-Etienne, Dijon ou de la région parisienne par exemple. Souvent, ils sont en petits groupes de copains formés l'hiver dernier lors d'une saison dans la même station de sports d'hiver.

Des patrons frileux

"Pour moi, c'est bon, ca y est j'ai trouvé, je serai barman dans un restaurant sur la plage", explique Bastien 24 ans qui vient de poser ses valises dans sa colocation. "Le seul point noir, confie-t-il, c'est la durée des saisons. Avant quand je venais travailler à Biscarosse, c'était pour au moins 3 mois. Aujourd'hui les patrons sont frileux avec la crise. On ne fait que juillet-aout", déplore le jeune homme venu de la Loire.

En ce début juillet, les patrons ont peut-être raison d'être frileux et de ne pas attendre la foule dans leurs établissements. Il y a classe partout en France au moins dans le primaire jusqu'à jeudi soir. Peu de familles partent donc cette semaine. Les rares parents à faire exception font manquer les cours à leurs enfants. Pour Stéphanie 40 ans et maman de deux enfants en 5ème et en CE2 : 

"C'est juste une question d'arrangement avec les maitresses. Les contrôles du troisième trimestre sont terminés. Elles ont accepté de fermer les yeux."

L'intérêt évidemment pour Stéphanie et son mari, c'est un intérêt économique. "À deux jours près, ça change tout pour le porte-monnaie. Fin juin, début juillet, les locations sont à moitié prix comparé aux semaines suivantes."

Les agents immobiliers de Biscarosse espèrent tout de même une arrivée plus massive de touristes en fin de semaine. Mais il faudra compter sur des réservations de dernière minute car pour le moment rien de rassurant. "Les réservations ont chuté de 30 % par rapport à l'an passé. Cela fait 20 ans que je travail dans ce cabinet immobilier, je n'ai jamais vu ca. Même au moment de la marée noire du Prestige, on n'avait pas été aussi affectés", explique Laurette Laurent, responsable d'un cabinet.

Et Laurette Laurent de poursuivre : "Je pense que les gens avec la situation économique modifient leurs façons de faire pour les vacances. Tous ceux qui peuvent préfèrent partir en vacances chez des amis ou dans la famille plutôt que d'investir dans la location d'une villa ou d'un appartement. Là où on a le plus de mal, c'est sur le haut-de-gamme. Il me reste surtout pour juillet beaucoup de villas avec piscines à louer." 

Les comportements des touristes changent 

A l'Office du tourisme, on s'attend à accueillir des vacanciers toujours plus friands d'activités gratuites ou presque. La ville demande donc à des habitants de Biscarosse — bénévoles — d'assurer des visites et animations aux touristes. Selon Catherine Milan de l'office du tourisme  "depuis quatre ans déjà, les comportements des touristes à Biscarosse ont bien changé. Au restaurant c'est apéritif ou dessert mais pas les deux. S'ils choisissent un parc d'attraction, ils n'en visiteront pas un second même s'ils restent 15 jours, et ils sont à l'affût des activités gratuites".

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L'office de tourisme de Biscarosse anticipe une baisse de réservations pour cet été. © Reuters Mathilde Lemaire

Les campings tirent leur épingle du jeu

L'hôtellerie de plein air a battu des records l'an passé, avec 107 millions de nuitées. Le secteur qui a doublé ses recettes en 10 ans vise encore mieux cette année. Le camping est pour beaucoup le seul moyen de se payer des vacances. Cédric, nordiste de 23 ans, est venu avec un ami de son âge. Tous deux sont assez fiers de leur tente igloo. "La tente, la voiture une table et deux chaises pliantes et c'est le bonheur. 13 euros la nuit ca défie toute concurrence", s'amuse le jeune homme. Pour lui :

"L'argent qu'on ne met pas dans le logement on peut le mettre au restaurant ou au bar de la plage pour offrir des verres aux filles."

Témoin aussi de la crise la multiplication des très courts séjours. Avant une famille se posait à Biscarosse au minimum une semaine. Aujourd'hui, la tendance est aux vacances morcelées : 3 jours ici 4 jours là, suivant les envies de dernières minutes et la météo.

 


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