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Déco : retour vers l’enfance !

le Dimanche 4 Décembre 2011 à 09:49
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Casimir, Goldorak, Superman, les héros de votre enfance vous manquent ? Retrouvez-les dans la déco ! Une déco réservée aux adultes…

Figurine Goldorak taille XXL. © Alexandre Marchi

La déco régressive est un phénomène récent  : 

le marché existe vraiment depuis un peu plus d'un an seulement ! C’est en 2010, par exemple, que les briques LEGO transformées en boîte de rangement font leur apparition dans les petites boutiques de déco indépendante.

Des boutiques chic, qui proposent ces produits à une clientèle urbaine, souvent féminine. Comptez 40 € en moyenne pour une brique à quatre plots.

Les Barbapapa , déco contraste. © Alexandre Marchi

Pourquoi ça marche ? Parce que les industriels misent avant tout sur le souvenir d’une enfance… idéale ! Une enfance fantasmée que ces acheteurs n’ont pas forcément connue, mais qu’il veulent quand même retrouver à travers ces objets de déco. Des objets qui vont personnaliser leur intérieur.

Boîte de rangement . © Kontiki/ LEGO

Tout le monde ou presque, en France, a joué avec ces LEGO en étant petit, que ce soit à la maison ou à l’école. L’aura de ce jouet n’est plus à démontrer, mais le marché s’est essoufflé pour la marque danoise depuis que d’autres fabriques de briques de construction sont apparues.

Intérieur...briques de construction ! © Kontiki/ LEGO.

Plus de monopole, il faut trouver autre chose : le marché de la déco ! C’est un pari, certes, parce que la boîte de rangement en question n’est pas une œuvre d’art, mais cela vaut le coup de le tenter ! Un million et demi d’euros de chiffre d’affaire pour Kontiki  distributeur exclusif de ces boîtes en France) en 2011, et peut être deux millions demain.

Le paradoxe,
c’est que ces boîtes ne plaisent pas du tout aux enfants ! Toutes les tentatives de vente dans des magasins de jouets ont échoué ! On s’adresse bien là uniquement à des adultes, les fameux adulescents.


Figurine de Caliméro. © Caroline Berdah.

Ils ont plus de trente ans, sont nés dans les années 1970 et ont vécu de plein fouet l’essor de la télévision, du cinéma, puis d’internet. Leur enfance a été bercée par les dessins animés du mercredi à la télévision. Ces personnages ronds, sympathiques, aux couleurs vives, comme Casimir ou Caliméro, sont le symbole de leur enfance, d’un monde où le chômage, la crise, ne les concernaient pas.


Figurine E.T. © Caroline Berdah.

Pour retrouver cette quiétude, cette insouciance, ils plongent dans cet univers. Les dessins n’existent plus ? (Quoique, certains reviennent désormais sur les chaînes dédiées aux enfants) Qu’importe, les jouets existent toujours ! Vive les figurines de Casimir, Goldorak, E.T. !
Dans les brocantes, vous les trouvez autour de 20/25 € pièce, mais certaines peuvent atteindre des centaines voire des milliers d’euros pour des modèles très convoités comme les personnages de Disney !

Comment agencer ces figurines dans un intérieur moderne ? Finalement, ce n’est pas vraiment la question ! L’essentiel, c’est qu’elles soient là. Evidemment on peut les rassembler dans une vitrine, où les placer çà et là dans un salon comme autant de clins d’œil à l’enfance ! Jouer le contraste aussi, en plaçant une tête de Mickey sur une commode de style. Pourquoi après tout, c’est une déco ludique !



Tissu imprimés gâteaux. © Droits Réservés.

Quelle différence avec ceux qui collectionnent les poupées anciennes ou les trains miniatures ?
La pression du marketing. Tout est là.
Les industriels ont bien compris que cette génération des adulescents représente à elle seule un marché, et ils surfent sur leur spleen ! Il faut acheter, toujours plus, tout de suite. Ce qui n’est pas le cas des collectionneurs de poupées par exemple, (même si le marché existe, mais il est parallèle) qui prennent leur temps pour dénicher la perle rare. Là, pas de perle rare, c’est l’accumulation d’objets qui est importante, consommer comme sa tribu, comme le groupe auquel on appartient.
 
Autre tendance liée à cette déco régressive : les tissus.
Rideaux, draps, coussins, là encore vous pouvez retrouver les héros de votre enfance  comme Superman ! On voit aussi apparaître ces imprimés avec de gros bonbons, des macarons, des gâteaux à la crème. Nous revoilà plongé dans la douceur de l’enfance, loin de l’amertume du monde adulte ! Ces imprimés se déclinent sur les poufs, dans lesquels on se vautre, sur les coussins, aussi. Là encore difficile de les placer dans un intérieur ! C’est le clin d’œil qui compte, une accumulation de motifs de la sorte donnerait vite la nausée…


Intérieur Wonderwoman. © Droits Réservés.

Sans parler de ces immenses tableaux de planche de bandes dessinées, les comics américaines ! Ils "mangent" littéralement votre intérieur, si vous n'y prenez garde ! Les visages de Superman ou de Wonderwoman apparaissent aussi sur des coussins ou sur  les fameux tabourets Tam-tam, à la place de l'assise !


Le retour du tricot ! © Caroline Berdah

Dans les vide-greniers, et les brocantes, c’est le tricot, le crochet qui réapparait. Sous la forme de coussins, là encore. Et puis les boîtes en fer, avec les pubs de ces années là trouvent aussi preneurs très facilement. Pas pour ranger de la nourriture, non, juste pour décorer dans une cuisine, ou détournés  en serre-livres dans une bibliothèque, en pot à crayons dans un bureau.

Nostalgie, quand tu nous tiens !

Avec la complicité de Marie Giral, Les adulescents, édition du Pré au clair (2002), Philippe Rossetti, graphiste et designer, Caroline Berdah, Hiving room, Pierre-Marin Calemard (PDG de Kontiki).

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