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Pisa, Pirls... A qui profitent les mauvaises notes de l'école française ?

le Mardi 4 Décembre 2007 à 23:00
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Mauvaise semaine pour l’école française : deux évaluations internationales ont été rendues publiques dans lesquelles elle n’a pas brillé…

Les principaux points de la chronique : Jeudi dernier, c’est l’étude Pirls (Progress in International Reading Literacy Study) sur la lecture chez les 9-10 ans : elle situe la France au 27e rang sur les 40 pays testés ; hier c’est Pisa (Programme for International Student Assessment) sur les compétences scientifiques des élèves de 15 ans et la France sort entre la 22e et la 29e place sur 57 pays. Mais ces résultats ne sont pas une mauvaise nouvelle pour tout le monde, et notamment pour le ministre de l’Education nationale… Pour trois raisons. - La première, c’est que les résultats de la France se tassent mais ne varient pas spectaculairement. Au fond le bilan qui est tiré cette année aurait pu l’être lors des précédentes vagues de ces études. Pourquoi insister cette année ? - Pour la deuxième raison : l’Education nationale tente depuis une dizaine d’années d’instaurer ce qu’on appelle le pilotage par l’évaluation… En clair on fixe des objectifs nationaux, et on juge l’efficacité des personnels aux performances des élèves, à leur capacité à atteindre ces objectifs. Or cette « culture de l’évaluation » est longue à prendre sur le terrain. Une façon de l'instiller conciste à titiller la fierté nationale. Xavier Darcos joue sur ce registre quand il souligne que la France fait moins bien que la Bulgarie en lecture – ce qui n’est pas très aimable pour les Bulgares et, au passage, un peu oublieux de l’histoire : à l’Est, la Russie fait encore mieux puisqu’elle est en tête ; c’est l’héritage des années de communisme qui avaient beaucoup de défaut mais quelques qualités comme l’importance donnée à l’alphabétisation… - Evidemment, il ne suffit pas de titiller la fierté nationale pour que les choses changent… Mais Xavier Darcos utilise ces résultats pour justifier les réformes à venir – et c’est la troisième raison de l’écho donné à ces enquêtes. Réforme du primaire, imminente ; mais aussi réforme du statut des enseignants : les résultats de ces enquêtes disent, implicitement, qu’il faut s’y prendre autrement. Notamment (la boucle est bouclée) en insistant sur les résultats plus que sur les méthodes. Pour en savoir plus A signaler un livre qui sort à point nommé pour décoder toutes ces enquêtes internationales : Les politiques éducatives, de Nathalie Mons, aux PUF ; sous-titre : La France fait-elle les bons choix ? A lire, un entretien avec Nathalie Mons sur le site du Café pédagogique, spécifiquement sur Pisa. Résumé du livre par l'éditeur : "Depuis deux décennies, dans la majorité des pays développés, des réformes scolaires d'envergure se sont multipliées. Elles ébranlent les fondations historiques des États-enseignant, marquant peut-être, dans l'éducation, le "tournant néo-libéral" observé dans d'autres politiques publiques. La France, longtemps apparue en retrait, fustigée par les observateurs pour son immobilisme et son néo-corporatisme paralysant, constitue-t-elle encore une exception face à la montée de cette vague néo-libérale qui uniformiserait les systèmes scolaires des pays développés ? Pour répondre à ces questions, l'auteur évalue, à l'aune des expériences étrangères, les politiques éducatives françaises."