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Déco sur l'eau : cap sur la péniche!

le Samedi 1 Octobre 2011 à 22:00
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Vivre sur l’eau, à deux pas de la ville … c’est le bonheur pour quelques milliers de familles qui ont décidé de loger dans une péniche en France, que ce soit sur la Seine, sur le canal de la Marne au Rhin ou sur le canal du Midi. Les avantages ? Beaucoup de surface et une proximité avec la nature qui suppose aussi un certain mode de vie. Les inconvénients ? L’eau et le voisinage parfois…

Boîtes aux lettres. © OF/ DR. Radio France

Voici tout d’abord une première approche de la vie sur une péniche, avec la chronique audio : Que vous dire de plus ? _ Tout d’abord qu’il existe effectivement plusieurs sortes de péniches : _ Les péniches de type Freycinet : elles existent depuis la fin du XIXè siècle et servaient avant tout au transport de marchandises. En 1879, une loi (dite « loi Freycinet ») avait règlementé la largeur des écluses pour permettre le passage des bateaux. C’est ainsi que plusieurs canaux en France, ont été aménagés et que ces péniches ont sillonné les 5 800 km de voie fluviale de l’hexagone. Les bateaux hollandais : ces péniches là sont plutôt en bois, assez rustiques et très décorées. Un peu plus petites mais tout aussi larges que les Freycinet. Les barges à fond plat : ce sont d’immenses bateaux, à deux niveaux, donc deux ponts de 145 mètres carrés. C’est effectivement l’équivalent du loft. En fait, c’est presque une maison sur l’eau. Elles sont belles mais moins intéressantes au niveau déco, puisqu’elles se meublent de la même façon qu’une maison ou qu’un appartement classique. Les péniches Freycinet ont plus de charme, et leur disposition tout en longueur suppose d’autres aménagements, en plus de ceux déjà évoqués dans la chronique audio. _ Tout d’abord, la (grande) pièce à vivre, est très plate, puisqu’elle est située sur un plancher fixé le plus bas possible sur la coque en U du bateau. Aucun relief, pas de sous bassement. Pour recréer, visuellement du relief, on construit des estrades de bois pour surélever la cuisine et la salle à manger par exemple. _ Il n’y a pas d’étage non plus, la hauteur sous plafond étant limitée ( 2m 30, 2m 50 maximum). Difficile dans ces conditions d’avoir des armoires très hautes, ou même des lits superposés. C’est plutôt la carte horizontale qu’il faut jouer dans ce type de logement. Vive les meubles bas à tiroirs, et les lits gigognes dans la chambre des enfants ! Les luminaires ? Souvent des spots, intégrés dans les faux plafonds, pour une lumière d’ensemble, on ajoute aussi des petites lampes d’appoint posées sur des tables basses ou sur de petites étagères. Des étagères qui servent d’ailleurs aussi de mini cloisons, pour isoler un coin bureau dans cette très grande pièce par exemple. _ La lumière est primordiale dans un bateau-logement, les hublots ont parfois dû être agrandis, mais selon une règlementation très précise. Le matériau roi ? C’est le bois. Un bois plutôt foncé, dans des teintes rouge-orangé pour apporter de la chaleur, et rappeler l’ambiance des bâteaux d’autrefois. Du bois pour le parquet (à lames larges), pour les meubles, dans la cuisine aussi. Cela peut paraître un peu étouffant, c’est pour cela qu’au mur on choisira des teintes claires et neutres. A éviter ? La déco marine… le cendrier-coquillage, le tableau avec les nœuds marins, l’ancre en cuivre étincelante… Oui, oui, ils y sont tous, mais un peu cachés… On ne les voit plus au premier coup d’œil… Disons que c’est passé de mode et que les propriétaires de ces bateaux-logements, veulent aujourd’hui une déco plus contemporaine. La vie à bord ? Comme dans une maison classique, à quelques exceptions près : _ Tout ce qui est produits de nettoyage et lessive, est utilisé le moins souvent possible pour ne pas trop polluer le canal ou la Seine. _ Les eaux usées ? Les bateaux doivent être équipés d’une station d’épuration extérieure. Ce n’est pas toujours évident… _ Le chauffage ? Il ne pose pas problème, le bateau étant étanche, les pertes de chaleur sont limitées. _ L’humidité ? Elle est contenue par cette étanchéité, en revanche il y a beaucoup de condensation. Une bonne aération est donc indispensable. Les animaux ? Qui dit aération et fenêtres fréquemment ouvertes, dit invités non désirés. Et comme le souligne Muriel Bühler, les araignées sont particulièrement intéressées par votre intérieur, au point d'enduire régulièrement la péniche de peinture anti-araignée pour tenter de s'en débarrasser. Les autres animaux partagent leur espace de vie avec vous… ambiance bucolique garantie ! L’eau ? L’électricité ? Les raccordements sont prévus, à chaque emplacement. Pas de souci. En revanche c’est plus compliqué avec internet : la plupart des péniches sont équipées de box, mais la qualité du signal reste perturbée par la réverbération de l’eau qui vous entoure. Internet fonctionne, mais pas intermittence parfois ! Les vols ? La police fluviale veille. Les vitres et les portes des péniches sont souvent blindées. Le principal danger, c’est plutôt le feu, en raison de la quantité de bois. Le mal de mer ? Oui et non ! Oui si la péniche est située sur les quais de Seine ( XVIè arrondissement …) , les bateaux mouches et les bateaux de commerce provoquent beaucoup de remous ! Surtout les bateaux mouches qui accélèrent le rythme des rotations… _ Non, si vous êtes sur un bras mort de la Seine (vers la banlieue), là c’est plus calme. _ Souvent, les cabines de pilotage ont été aménagées en pièce à part entière : bureau, atelier, ou plus récemment chambre d'hôte! En 1985, Jacques Chirac, alors maire de Paris, avait voulu supprimer les péniches logements, pour ne laisser que les restaurants flottants sur la Seine. Une campagne de protestation s’était alors organisée autour du slogan « sans péniche, Paris pleurniche ». Le maire a laissé tomber son idée. Mais depuis, les emplacements sont très règlementés et il est extrêmement difficile à présent de trouver un emplacement libre. Vous voulez acheter une péniche déjà à quai ? Il y a désormais des sites d’annonces immobilières spécialisées, on trouve aussi des petites annonces de ce type sur les sites de particuliers. Des annonces sur l’île de France surtout, mais aussi sur la province, notamment dans la région de Lyon. Parfois il y a même des « mini » péniches, avec juste un studio de 22 mètres carrés ! Mais on n’est plus tout à fait dans la même ambiance ! Avec la complicité de Muriel Bülher (conciliabule.fr) et de Jean-Michel Guérin, directeur général du groupe De Particulier à Particulier.Mixage de la chronique assuré par Jean-Philippe Laug.