Les Bleus en quête de rebond

par mardi 17 juillet 2012 19:23

Largement dominés au rebond contre l'Espagne dimanche dernier, les Bleus manquent d'un pivot de grande taille depuis le forfait de Joakim Noah. Mais Vincent Collet estime que le problème se situe surtout dans l'attitude de ses joueurs.

« Un seul être vous manque et tout est dépeuplé ». Cette citation de Lamartine pourrait coller parfaitement à l’équipe de France de basket. Orpheline de Joakim Noah pour le tournoi olympique (du 28 juillet au 11 août à Londres), elle a montré ses limites au rebond depuis le début de la préparation. Dominés dans ce secteur par la plupart de leurs adversaires ces trois dernières semaines, les Bleus peinent à remédier le problème. Si leur déficit dans ce domaine leur a certainement coûté la victoire contre l’Espagne dimanche dernier à Bercy (70-75), Vincent Collet a vu du mieux dans la prestation de ses hommes. « Le point essentiel dans notre progression est le contrôle du rebond, explique le sélectionneur. On a pris un bouillon jeudi soir contre les Belges, on en a pris un autre plus compréhensible ce soir (dimanche). Mais il faut qu’il y ait une prise de conscience dans ce secteur. » Les joueurs n’ont pas fui leurs responsabilités après la rencontre. « On se fait dominer au rebond offensif, ils en prennent quinze, souligne Nicolas Batum. On doit vraiment se perfectionner. »

Régulièrement à la peine dans la raquette depuis une dizaine d’années en raison d’un manque de taille, les Français avaient trouvé la solution miracle avec Noah. Joueur clé de la conquête de l’argent européen en Lituanie l’année passée, le pivot de Chicago (2,11m) avait apporté son énergie, sa dissuasion défensive et sa puissance physique. Il avait aussi apporté son écot dans la quête du rebond, avec huit prises de moyenne par rencontre en 25 minutes. Mais le New-Yorkais de naissance ne sera pas de la campagne olympique, en raison d’une entorse à la cheville gauche contractée pendant les play-offs NBA avec les Bulls et mal soignée pour être rétabli à temps. Face à la raquette espagnole, composée de Pau Gasol (2,13m) et Serge Ibaka (2,08m), les Bleus ont souffert. Selon Collet, le souci se situe davantage dans l’attitude que dans le déficit de hauteur de ces joueurs. « On ne fait pas le travail au sol, on est très passif, on regarde en l’air. Très souvent, on se fait prendre le rebond. C’est ennuyeux. »

Depuis le début des années 2000, les Français ont réussi toutes leurs grandes performances avec un pivot culminant à plus de 2,10m (Frédéric Weis en 2000 et 2005, Noah en 2011). Dans les standards du basket FIBA, disposer d’un joueur de cette envergure relève presque du minimum syndical pour espérer décrocher une médaille au bout de la compétition. Parmi Florent Pietrus (2,02m), Kevin Séraphin (2,06m), Ali Traoré (2,05m) ou Ronny Turiaf (2,06m), aucun n’explose les compteurs au moment de passer à la mesure. Mais Collet estime que le rebond ne doit pas seulement concerner les maîtres de la raquette. « On aura souvent à batailler dur pour lutter à armes égales au rebond et ça ne doit pas être l’affaire que des intérieurs. Il faut absolument que des extérieurs participent et captent des ballons longs. » « Il nous manque encore deux semaines de travail, lâche Ronny Turiaf. Il faut qu’on continue à bosser pour se mettre dans les meilleures conditions et arriver aux JO en pleine forme. » Une quinzaine de jours pour compenser la taille par du cœur. Un élément indispensable pour toutes les grandes conquêtes.