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Le Pas-de-Calais, base arrière des JO de Londres

le Mardi 3 Juillet 2012 à 07:15
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A trois semaines du début des épreuves, un département français entend bien profiter de cet événement mondial : c'est le Pas-de-Calais. A une heure de Londres en Eurostar, il s'est positionné dès 2005 comme base arrière de la compétition. En accueillant des équipes étrangères, les élus espèrent développer leur territoire.

La dernière piscine art-déco de France, dans le complexe sportif de Bruay-la-Buissière © Radio France - Sébastien Baer

Retour en arrière : 6 juillet 2005. Londres décroche l'organisation des JO 2012. Grosse désillusion pour Paris, qui termine 2e. Mais en France, un homme se frotte les mains. C'est le président du conseil général du Pas-de-Calais, Dominique Dupilet. "Dans les trois secondes qui ont suivi, on a hissé le drapeau britannique au conseil général car on savait que c'était une chance. Nous étions sûrs que notre département était un passage obligé en particulier pour toute l'Europe pour se rendre aux JO. Nous ne sommes qu'à une heure de Londres. Franchement, si vous prenez un logement dans le nord de Londres, vous mettrez autant de temps pour vous rendre sur les sites olympiques que si vous étiez à Calais".

Pascale Delaunay, athlète haïtienne de 29 ans, championne de triple-saut, en préparation à Bruay-la-Buissière © Radio France Sébastien Baer

Résultat, sept ans plus tard, plusieurs délégations étrangères ont installé leur base arrière dans le Pas-de-Calais. Pour les attirer, les collectivités locales ont investi 115 millions d'euros. Dans 13 villes, des sites, des stades ont été construits ou rénovés. A Lumbres, une piste de BMX, réplique exacte de celle de Londres. A Arques, la plus belle salle de gymnastique d'Europe. A Marquise, un complexe dédié à la lutte.

Des anglais parmi les 41 délégations

Pour séduire les équipes étrangères, les élus sont allés faire la promotion du département à Pékin, dès 2008. Et ils ont joué la carte de la proximité. "Les athlètes recherchent la proximité. Avec le Shuttle, c'est très facile d'aller à Londres" insiste Thierry Tassez, vice-président de la communauté d'agglomération de l'Artois. "Il y a un aspect zen à cette base arrière, cela leur permet de travailler en toute quiétude, sans être trop ennuyés".

A ce jour, 41 équipes étrangères ont installé leur camp dans le département. On peut citer les hockeyeurs néo-zélandais, les boxeurs de Madagascar ou l'équipe de natation de Tunisie. Même les gymnastes de Grande-Bretagne vont venir se préparer dans le département. A Bruay-la-Buissière, près de Béthune, un stade tout neuf accueille en ce moment six athlètes venus d'Haïti. Parmi eux, Pascale Delaunay, championne de triple saut de 29 ans. "Ici, c'est bien parce que c'est juste à côté de l'Angleterre, c'est à peu près le même climat, la même ambiance mais il y a moins de distractions. Les pistes et les équipements sont vraiment bien et les entraîneurs peuvent nous soutenir".

"Des délégations des cinq continents dans le département"  
Stéphane Bourgeois, directeur des sports au conseil général du Pas-de-Calais, répond à Sébastien Baer

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Des bénéfices sportifs...

A Saint-Laurent-Blangy, tout près d'Arras, la base nautique refaite à neuf accueille en ce moment des kayakistes du Sénégal et des îles Samoa avant l'arrivée, à la fin du mois, de l'équipe d'Ouzbékistan. Des échanges enrichissants, note Olivier Bayle, le président du club de canoë-kayak. "Avec le Sénégal, on prend un peu leur philosophie africaine et on leur apporte un peu de rigueur et de pédagogie. Avec Samoa, on vit l'Océanie à plein et Richane qui est en stage ici nous a appris à être gentille sur le bord et à être une lionne sur l'eau. Et avec l'Ouzbekistan, on est déjà dans une approche russe, avec des choses rigides et rigoureuses".

Olivier Bayle, président du club de canoë-kayak de Saint-Laurent-Blangy © Radio France Sébastien Baer

... et des bénéfices économiques

Au-delà de l'aspect sportif, le Pas-de-Calais espère des retombées économiques. Selon les estimations, un euro investi devrait rapporter spet euros de recettes. Le département souhaite également soigner son image sportive, augmenter le nombre de licenciés et encourager la tenue d'événements internationaux. "On a des nouveaux stades de huit couloirs qui nous permettent d'organiser des épreuves nationales ou internationales, donc on pense déjà à l'après-2012", précise Jean-Marie Sébert, le président du comité départemental d'athlétisme. "Avec toutes nos actions, notre nombre de licenciés augmente de 8 à 10% tous les ans".

Les choses n'ont pas toujours été aussi simples. L'équipe de natation de Russie avait posé des jalons pour venir s'entraîner dans le Pas-de-Calais. Mais les élus ont dû renoncer à accueillir la délégation, car les prétentions des Russes étaient bien trop élevées.

"Pendant les Jeux, on aura des Britanniques qui fuiront Londres"  
Christophe Seryeis, directeur de l'office de tourisme d'Arras,a ttend des retombées à court et à long terme

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Vos réactions sur cette info
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Ludvig (anonyme),
Le Conseil Général du Pas-de-Calais dépense 395 000 euros pour des séjours aux JO de Londres - extrait de L'OBSERVATOIRE DES SUBVENTIONS Le Conseil Général du Pas-de-Calais a dépensé 144 000 euros pour que ses élus puissent profiter de séjours à Londres pendant les JO, aux frais des contribuables. Ainsi, 45 élus du Conseil Général du Pas-de-Calais vont pouvoir profiter des JO de Londres aux frais des contribuables. Cinq d’entre eux bénéficieront même de séjours VIP, à 8093 euros par personne, incluant 2 nuits d’hôtel Grand Confort, transport Eurostar , billets d’accès aux finales 100 mètres Homme ( épreuve la plus prestigieuse des JO), compétition Equitation Saut, compétition Canoë-Kayak, ainsi que des accès au Club France VIP. Au total, le département du Pas-de-Calais a dépensé 143 965 euros pour que 45 élus puissent voyager à Londres et profiter des JO, sans débourser un seul centime. On ne connait malheureusement pas les noms des heureux bénéficiaires de ces vacances à Londres payées par les contribuables. A quoi sert donc cette dépense d’argent public ? Quel intérêt pour les contribuables du Pas-de-Calais ? Le Conseil général justifie ce gaspillage d’argent public en expliquant que les 45 “élus”, qui portent bien leur nom, se rendent à Londres pour faire du lobbying et promouvoir les 20 millions d’euros de travaux d’équipements réalisés dans le Pas-de-Calais. Mais la dépense publique ne s’arrête pas là ! Le Conseil général du Pas-de-Calais va également envoyer 900 enfants à Londres pour les JO, portant la facture totale pour les contribuables à 395 000 euros ! Vivent les JO du Pas-de-Calais.
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