Transparency publie la carte de la corruption en France

par Camille Garnier mardi 9 décembre 2014 11:39, mis à jour le mardi 9 décembre 2014 à 11h55
Transparency
Cette carte représente la base de données la plus exhaustive jamais constituée sur la corruption en France © Maxppp

L'ONG Transparency International lance ce mardi un portail consacré à la corruption. Son but : informer les citoyens et leur donner les moyens d'agir à travers plusieurs outils, dont une carte recensant environ 250 cas de corruption sur le territoire français.

Alors que les affaires et les scandales financiers touchent régulièrement la classe politique (mais aussi, comme récemment, le milieu sportif), l'ONG Tansparency International a lancé mardi une plate-forme d'information à l'occasion de la journée mondiale contre la corruption. L'organisation entend mieux informer les citoyens sur leurs droits mais aussi leur faire prendre conscience de l'ampleur du problème. Parmi les outils mis à disposition, une carte complète de la corruption en France.

Un document inédit

Ce document se présente sous la forme d'une carte interactive où chaque point indique une condamnation prononcée contre un élu pour des faits de corruption. Avec 250 décisions de justice, toutes apparues dans la presse, il s'agit du document le plus exhaustif jamais réalisé sur la question en France. Grâce à cette carte, Transparency entend permettre aux citoyens de mesurer de façon précise "les formes que prend la corruption, de savoir quelles sont les catégories de personnes et les régions les plus touchées ou encore les sanctions prononcées". Sans surprise, les cas de corruption se concentrent autour des grandes métropoles telles que Paris, Marseille ou Bordeaux (87 cas en Île-de-France, 26 en PACA et 20 en Aquitaine).

Mais la plate-forme lancée par Transparency ne se limite pas à cette carte. L'organisation a aussi créé un guide de la corruption permettant à chacun de se sensibiliser à la question dans son domaine d'activités, un moteur de recherche des "prises de positions" pour mieux comprendre les intêrets des différents groupes influençant l'opinion, ainsi que des formulaires pré-remplis à envoyer aux élus pour leur signaler un conflit d'intêret ou les sensibiliser à la lutte anti-corruption. Une dernière section accompagne aussi les "lanceurs d'alerte" (mieux connus sous le terme anglais de "whistle-blowers") qui se sentiraient l'âme d'un Edward Snowden.

La France ? Peut mieux faire

Cette plate-forme accompagne la version 2014 du rapport sur la corruption que publie chaque année Transparency. La France y occupe la 26e position, bien loin du podium ( dans l'ordre : Danemark, Nouvelle-Zélande et Finlande) mais aussi de ses voisins allemands (12e), anglais (14e)  et belges (15e). Elle perd surtout quatre places depuis le rapport de 2013 qui la classait au rang de 22e pays le moins corrompu.

A croire que les efforts annoncés par le gouvernement après l'affaire Cahuzac et soulignés par l'ONG Transparency elle-même en décembre dernier tardent à porter leurs fruits.