Porter la kippa ou pas : "Il ne faut pas trop la ramener…"

REPORTAGE par Cécilia Arbona dimanche 17 janvier 2016 09:31
Kippa
Porter la kippa ou pas : le débat a rebondi cette semaine © Fotolia - lucato

Le débat sur le port de la kippa continue d'alimenter les discussions dans les familles juives de France. Faut-il éviter de porter ce couvre-chef dans la rue ou faut-il continuer de vivre comme avant, en assumant pleinement son judaïsme. Cécilia Arbona a rencontré une famille des Yvelines où la mère et le fils sont en désaccord sur cette question.

Nous nous sommes donné rendez-vous sur le parking d'un centre commercial, bondé en ce samedi de soldes. Léa tremble un peu dans sa parka à cause du froid piquant et aussi à cause du sujet de l'interview qui la rend très nerveuse. Depuis l'attentat de l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes il y a un an, cette mère de trois enfants n'est plus sereine. "C'est malheureux à dire mais je suis contente que mes enfants n'aillent pas dans une école juive. C'est un danger. Je dis à mes enfants d'être discrets. Et je pense qu'il ne faut pas se balader avec la kippa sur la tête mais porter une casquette".

Porter la kippa ou pas : "Il ne faut pas trop la ramener…" - un reportage de Cécilia Arbona

 A ses côtés, son fils ainé Samuel, 16 ans, lycéen en classe de seconde, montre des signes d'agacement. Il se balance d'un pied sur l'autre et a envie de dire ce qu'il a sur le cœur. "On doit assumer pleinement d'être juif. Ce n'est pas à nous de changer. C'est à l'Etat de faire quelque chose."
 
Mardi dernier, lorsque le président du consistoire de Marseille a recommandé de ne plus porter la kippa dans la rue par mesure de sécurité, Léa a aussitôt mis en garde ses deux fils, le plus jeune âgé de 9 ans et Samuel, l’aîné.  "A l'extérieur, je pense qu'il ne faut pas trop la ramener" continue Léa. "Je n'ai pas peur d'affronter quelqu'un qui va me traiter de sale juif" répond Samuel. 

La peur de Léa est telle que cette maman hésite aujourd'hui à crier les prénoms, à consonance hébraïque, de ces fils, tous les deux licenciés dans un club de football de banlieue.