Après les attentats, des milliers de postes d'agents de sécurité à pourvoir

EXCLUSIF par Sarah Lemoine dimanche 29 novembre 2015 23:06, mis à jour le lundi 30 novembre 2015 à 05h00
Il va manquer entre 7.500 et 10.000 agents de sécurité après les attentats de Paris.© Maxppp
Il va manquer entre 7.500 et 10.000 agents de sécurité après les attentats de Paris.© Maxppp

Il va manquer 7.500 à 10.000 agents de sécurité dans les semaines et les mois à venir en France. Après les attentats de Paris, les entreprises du secteur sont extrêmement sollicitées et ne savent plus comment répondre à la demande. Une réflexion est en cours pour former plus rapidement de nouveaux agents.

Triomphe Sécurité est une entreprise familiale installée à Paris. En temps normal, elle fait travailler 1.600 agents. Depuis les attentats, elle a dû en trouver 400 supplémentaires pour répondre aux besoins de ses clients habituels. La situation est critique, affirme Elias Nahra, son fondateur : "La demande continue d'augmenter et le problème, depuis quelques jours, ce sont les jours de repos des salariés, les arrêts maladie. Il y a la grippe qui arrive. Dès qu'il y a un pépin, ça se sent très fortement. On est en pénurie totale".

"La formation c'est au minimum 140 heures. Pour tout ce processus, c'est en moyenne trois à six mois"

Selon le Syndicat national des entreprises de sécurité, il va manquer 7.500 à 10.000 agents dans les semaines et les mois à venir. Problème : on ne devient pas professionnel du jour au lendemain. Olivier Duran, porte-parole du SNES : "Il faut que ces futurs agents obtiennent la carte professionnelle. Et pour avoir la carte professionnelle, il faut avoir l'habilitation de moralité. Et lorsqu'on a l'autorisation morale, on peut engager la formation. C'est au minimum 140 heures. Pour tout ce processus, c'est en moyenne trois à six mois. D'où nos problèmes de réponse aux demandes très importantes des entreprises de sécurité".

"Non seulement il faut les former, mais il faut qu'ils obtiennent la carte professionnelle" explique Olivier Duran

Aujourd'hui, toute la filière cherche à réduire ces délais. De son côté, Pôle emploi tente de contacter les ex-agents de sécurité inscrits sur ses listes et dont la carte professionnelle est toujours en cours de validité.