"Je tape la manche" : quand Jean-Louis Debré aide un SDF à écrire le livre de sa vie

par Mathilde Lemaire jeudi 8 octobre 2015 19:49
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Jean-Marie Roughol a écrit "Je tape la manche" avec Jean-Louis Debré © SIPA

Un soir, sur un trottoir de Paris, Jean-Louis Debré, président du Conseil constitutionnel, rencontre Jean-Marie Roughol, sans-abri depuis plus de 20 ans. Une amitié naît, et un livre...

Ce sont deux hommes que tout oppose, a priori. L'un est président du Conseil constitutionnel, l'autre est SDF. Ils se rencontrent devant le drugstore des Champs-Elysées. Jean-marie Roughol propose de garder le vélo de jean-Louis Debré. Les deux hommes discutent, et une amitié naît. "Jean-Marie est un original".

Séduit, Jean-Louis Debré lui répète à chaque fois : "il faut prendre la plume". Jean-Marie laisse traîner, mais un an après, il arrive avec trois grands cahiers d'écolier, noircis à la main. "Il m'a donné la chance d'écrire", enchaîne Jean-Marie. "Il m'a appris à travailler".

Les deux hommes se retrouvent dans des cafés,  pour travailler, ajouter des chapitres sur l'enfance de Jean-Marie Roughol : des parents pauvres, une mère qui disparait, les foyers d'accueil... Il raconte comment il est "tombé" - ce sont ses termes - dans la rue. De son côté, Jean-Louis Debré dit avoir beaucoup appris de cette rencontre. "J'ai plus appris par lui que je ne lui ai appris".

Aujourd'hui, Jean-Marie Roughol est toujours dans la rue, "à taper la manche". En attendant d'ouvrir une "petite crêperie", il fait la promotion de son livre, avec son ami.

"Je tape la manche" : quand Jean-Louis Debré aide un SDF à écrire le livre de sa vie. Mathilde Lemaire les a rencontrés
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