Morlaix: la colère des agriculteurs "a mûri des semaines" (maire)

INTERVIEW par Baptiste Schweitzer samedi 20 septembre 2014 09:12
Le bâtiment des impôts de Morlaix incendié
Le bâtiment des impôts de Morlaix incendié © France Bleu Breizh Izel

Des agriculteurs ont incendié dans la nuit de vendredi à samedi deux bâtiments publics de Morlaix. La maire UMP de Morlaix, Agnès Le Brun, dénonce ces violences sur France Info. Elle les juge toutefois logiques.

Deux bâtiments publics ont été incendiés dans la nuit de vendredi à samedi à Morlaix, la MSA et l'hôtel des impôts. Des agriculteurs en colère ont convergé vers la sous-préfecture. "Quelque 140 remorques", explique Agnès Le Brun, maire UMP de la ville, qui s'est sentie démunie alors que les manifestants embrasaient palettes et légumes. Invitée de France Info elle explique ne pas avoir vu de forces de l'ordre.

"La détermination et la présence d'un nombre important de tracteurs empêchaient une intervention. Il n'empêche effectivement que le bâtiment [l'hôtel des impôts NDLR] n'était pas protégé. Il y avait plusieurs cibles et les forces de l'ordre ont fait des choix et n'ont pas fait le choix du bâtiment des impôts."

Une violence qu'Agnès Le Brun condamne mais qu'elle estime "logique".

"Des alertes ont été données depuis des jours et des semaines. Les agriculteurs sont accablés par les charges sociales, les impôts, les dettes, accablés par le fait que ce que vous achetez sept euros le kilo dans un supermarché,  on le leur paye sept centimes à la production."

Pour la maire UMP de Morlaix, le gouvernement porte une responsabilité dans ces échauffourées :

"Nous avons un gouvernement particulièrement autiste sur cette question agricole. Le ministre n'a jamais reçu, écouté, entendu. Cette colère s'apparente à une jacquerie. Ce n'est pas une colère spontanée, c'est une colère qui a mûri depuis plusieurs semaines; Elle aurait pu être éteinte partiellement par le simple fait de recevoir les gens, de les écouter, d'entamer un dialogue.

"Cette colère s'apparente à une Jacquerie. Ce n'est pas une colère spontanée", Agnès Le Brun