30 millions d'enfants pauvres dans les pays riches

par Grégory Samarut lundi 28 mai 2012 16:00, mis à jour le mardi 29 mai 2012 à 05h00
Yiorgos Karahalis Reuters

L'Unicef révèle l'ampleur de la pauvreté des enfants des pays dits "riches". Ils sont 13 millions en Europe. Paradoxe : la France est le pays qui dépense le plus pour la famille mais figure au milieu de l'étude, en 14e position sur 35 pays.

Le rapport, accablant pour les pays dits "économiquement avancés" dénombre 30 millions d'enfants pauvres sur les 200 milions d'enfants des pays étudiés par l'association humanitaire. Il s'agit de l'Europe des 27 plus la Norvège, l'Islande, l'Australie, le Canada,
les Etats-Unis, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la Suisse.

La pauvreté, notion
subjective, est inhérente à chaque société. Le rapport s'attache donc à mesurer la
pauvreté relative à chaque pays. Ainsi, plus d'un enfant roumain sur quatre vit
dans un foyer en dessous du seuil de pauvreté national, presqu'autant qu'aux Etats-Unis
(23,1%). A l'opposé, l'Islande compte 4,7% d'enfants pauvres. En France, ce
taux atteint 8,8%, soit 1.300.000 enfants, dont la moitié sont mal logés, et
20.000 sans domicile fixe.

La France championne des dépenses familiales

Le rapport pointe les carences de certains Etats,
dont la France, dans la prise en charge de ce problème. Avec 3,7% du PIB affecté
aux allocations familiales, services et allègements d'impôts, la France est
championne des dépenses en faveur de la famille, suivie de la Suède et du Royaume-Uni.
Si la politique familiale française permet de diminuer de moitié la pauvreté des enfants, la Belgique et le Danemark sont nettement plus performants avec des dépenses moindres.

En France, 10% des enfants connaissent des privations

L'association humanitaire mesure
également les privations subies par les enfants. Trois repas par jour, des fruits
et légumes frais, des livres adaptés, un endroit calme pour les devoirs et une connexion
internet, voire... des chaussures : 14 critères ont été retenus. Parmi
les pays les plus riches, la France (10,1%) est la seule, avec l'Italie
(13,3%), à dépasser le seuil de 10% d'enfants en situation de privation. Les
démocraties scandinaves et nordiques sont les plus préservées (3%), à l'opposé
de la Roumanie (70%) et de la Bulgarie (50%).

D'un point de vue social, la
pauvreté touche davantage les enfants dont les parents ont des problèmes d'emploi
(47% en France contre 43% en moyenne), ou de familles migrantes (20,5% contre 16%),
que les familles monoparentales ou dont le niveau d'instruction est faible.

Personne en devenir et en situation
de dépendance, l'enfant subit les conséquences d'une pauvreté sur laquelle il n'a
pas de prise. Avec le risque de la connaître à l'âge adulte.
Plus encore par temps de crise, l'UNICEF plaide pour la
création d'un observatoire national et d'un droit à la compensation de
la pauvreté.
François Hollande a fait de la jeunesse l'une des priorités de son quinquennat,
l'UNICEF entend le rappeler à ses engagements.

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La pauvreté des enfants en Europe © IDÉ

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