Sarkozy sort de son silence : "La politique, c'est fini" sauf si...

par Julien Baldacchino mardi 5 mars 2013 22:54, mis à jour le mercredi 6 mars 2013 à 06h00
Nicolas Sarkozy était dans le public, le 24 février dernier, du match PSG/OM au Parc des Princes
JB Maxppp

INFORMATION FRANCE INFO /AFP | C'est sa deuxième prise de parole depuis sa défaite en mai dernier, et la première dans laquelle il critique la politique de François Hollande. Dans un article à paraître jeudi dans l'hebdomadaire Valeurs Actuelles, l'ancien chef de l'Etat maintient qu'il n'a pas envie de revenir en politique et qu'il ne le fera que s'il y était obligé, faute de "solution de recours à droite ni à gauche".

C'est une interview qui ne
dit pas son nom. L'article prend la forme d'un long reportage dans lequel on
entend Nicolas Sarkozy dialoguer avec ses invités, des hommes politiques, des
chefs d'entreprise, ou parfois, un "interlocuteur" non
identifié.

Poussé par ses amis Patrick Buisson et Jean-Claude Dassier, Nicolas
Sarkozy affirme ouvertement ce qui jusqu'à présent n'a toujours été rapporté à
la presse que par ses visiteurs. C'est sa première prise de parole depuis sa
sortie sur la situation en Syrie
, en août dernier.

"La politique,
c'est fini
"

Nicolas Sarkozy fait taire
les nombreux pronostics sur son éventuel retour en politique, rapportés
notamment ces dernières semaines par Alain Juppé et Bernadette Chirac :

"Que ce soit
clair, je n'ai pas envie d'avoir affaire au monde politique, qui me procure un
ennui mortel. Et puis, regardez comment j'ai été traité ! (...) Vous croyez
vraiment que j'ai envie ? Sans compter la manière dont ils ont traité ma
femme".

Pour Nicolas Sarkozy, les
choses semblent claires et arrêtées : "La politique, c'est fini".
En revanche, un retour aux affaires, n'est pas complètement exclu par l'ancien
chef de l'Etat, si un jour se présente la situation d'un "pays tenaillé
entre la poussée de l'extrémisme de gauche et celui de droite
", avec
"aucune solution de recours à droite ni à gauche". Nuance : dans
ce cas, affirme Nicolas Sarkozy, "je serai obligé d'y aller, pas par
envie, mais par devoir
".

"Les Français
sont moins en colère qu'effrayés
"

En attendant, Nicolas
Sarkozy reçoit dans ses bureaux du 77 rue de Miromesnil à Paris, longuement
décrits dans l'article de Valeurs Actuelles. Il reçoit des amis, des
personnalités sportives et culturelles. Les noms de Jean d'Ormesson, de
Sébastien Loeb, de Vincent Bolloré ou de Martin Bouygues sont cités. L'ancien
président entend également continuer à faire des conférences à travers le
monde
, pour gagner une "crédibilité internationale inconstestée".
Selon nos informations, il a également évoqué l'idée de créer une fondation ou
une société d'investissement pour aider de jeunes entrepreneurs.

Si Nicolas Sarkozy exclut
un retour en politique, il ne se prive pas, toutefois, de critiquer l'action de
son successeur François Hollande. "Il a cassé tout ce que j'avais
réussi à construire avec Angela Merkel
", afiirme-t-il. Il s'oppose à
l'intervention au Mali : "Que fait-on là-bas ? Sinon soutenir des
putschistes et tenter de contrôler un territoire trois fois grand comme la France
avec 4.000 hommes ? La règle, c'est qu'on ne va jamais dans un pays qui n'a pas
de gouvernement
". Il fustige la loi sur le mariage pour tous, et
l'idée de la procréation médicalement assistée (PMA) : "Avec leur
'mariage pour tous', la PMA, la gestation pour autrui, bientôt, ils vont se
mettre à quatre pour avoir un enfant
".

Conséquence : l'ex-président de l'UMP prédit des
jours sombres à venir. "On va au-devant d'événements graves. Il y aura
une crise sociale. Puis on va se prendre une crise financière d'une violence rare
et ça finira par des troubles politiques
", affirme-t-il. "Tu
sais, les Français sont moins en colère qu'effrayés
", confie-t-il à
l'un de ses interlocuteurs. 

Pourquoi et comment Nicolas Sarkozy a-t-il décidé de faire cette interview ? Les précisions de François d'Orcival  
(président du comité éditorial de l'hebdomadaire Valeurs Actuelles)