Quels seront les avantages accordés à Nicolas Sarkozy après son départ de l'Elysée ?

par Gilles Halais mercredi 9 mai 2012 12:03
Philippe Wojazer Reuters

Retraite, voiture avec chauffeur, gardes du corps et toute une série d'avantages en nature... La République n'est pas avare de privilèges accordés à ses anciens chefs de l'Etat. Des avantages évalués à 1,5 million d'euros par an, par le député René Dosière, spécialiste du train de vie de l'Etat.

Reprendre son métier d'avocat, animer
des conférences, faire du consulting, écrire ses mémoires, "faire de l'argent" voire "faire du fric", comme il l'a déjà lâché au débotté...
Le doute plane encore sur l'orientation que Nicolas Sarkozy va donner à sa vie
une fois qu'il aura quitté l'Elysée.
Une chose est sûre cependant, la République ne le laissera pas dans le besoin.

Il y a déjà ce que prévoit la loi
du 3 avril 1955
.
Le futur ex-chef de l'Etat touchera une retraite dont le montant est égal au
traitement d'un conseiller d'Etat en exercice, soit 6.000 euros bruts par mois. Une retraite cumulable
avec d'autres pensions ou salaires et qui viendra donc s'ajouter, le moment
venu, à ses retraites d'ancien président du conseil général, député des
Hauts-de-Seine et maire de Neuilly, soit environ 4.000 euros par mois.

S'il décide, comme l'ont fait
Jacques Chirac et Valéry Giscard d'Estaing, d'entrer au Conseil
constitutionnel, il bénéficiera en plus d'un traitement mensuel net de 11.500. François
Hollande a prévu de supprimer le texte qui permet aux anciens présidents de
devenir, à vie, des Sages. Mais ce ne sera pas rétroactif et s'appliquera donc,
pour la première fois, à l'ex-président Hollande.

Nicolas Sarkozy pourra, s'il
le souhaite, continuer de percevoir au total près de 20.000 euros, soit à peu près ce qu'il
touchait comme chef de l'Etat. Auxquels peuvent s'ajouter des primes de "sujétion spéciale" accordées par
la République à ses "ex", pour "compenser les contraintes subies
dans l'exercice des fonctions". Des primes au montant secret.

Voyages illimités en classe affaire

Viennent ensuite les avantages en
nature.
La "jurisprudence" en la
matière remonte à 1985. Ils sont détaillés dans une lettre signée de Laurent
Fabius
, Premier ministre de François Mitterrand : un appartement et/ou bureau de
fonction "meublé et équipé" (situé dans les beaux quartiers de la
capitale), une voiture de fonction avec deux chauffeurs, deux policiers pour
assurer sa protection rapprochée et un total de sept
collaborateurs permanents dont le salaire est pris en charge par l'Etat (un
chef de cabinet, deux assistants, un archiviste et trois secrétaires). Son
domicile sera également placé sous la garde de fonctionnaires de police.

Enfin, si Nicolas Sarkozy décide de voyager, il pourra le faire
gratuitement au moyen de deux cartes de circulation illimitée : l'une sur
les vols Air France en classe affaire, l'autre à la SNCF en première classe.
A l'étranger, l'ancien président pourra se faire accueillir et héberger dans
les résidences des ambassadeurs et des consuls de France.

Difficile d'évaluer le montant total de ces différents "privilèges",
car cela repose sur les choix que fera Nicolas Sarkozy, en liaison avec le
Secrétariat général de Matignon qui gère ces dossiers. Mais dans son livre L'Argent
de l'Etat
(Seuil), René Dosière, spécialiste du
train de vie de l'Etat, lâche le chiffre de 1,5 million d'euros par an et par
ancien président. Pour le député de l'Aisne apparenté socialiste, il serait bon de créer un vrai statut d'ancien chef de l'Etat.

Une loi de 1955 et une coutume datant de 1985 : quels seront les avantages de l'ex-président Sarkozy ? Reportage, Carine Bécard  

  

Nicolas Sarkozy va-t-il vraiment renoncer à cette drogue dure qu'est la politique ? Reportage de Frédéric Says