Loi Travail : début de concertation compliqué avec les syndicats

par Rédaction de France Info lundi 7 mars 2016 16:26, mis à jour le lundi 7 mars 2016 à 16h41
syndicats matignon
Philippe Martinez de la CGT face à Emmanuel Macron, Manuel Valls et Myriam El Khomri © SIPA/Chamussy

La concertation sur le projet de réforme du Code du travail a démarré ce lundi à Matignon. Manuel Valls a reçu la CFTC, plutôt satisfaite des échanges, FO et la CGT qui campent sur leur position, la CFDT et la CGPME.

Il y a deux sons cloches ce lundi après le début des dicsussions sur la loi Travail à Matignon. Manuel Valls et ses ministres du Travail et de l'Economie parlent de "débats constructifs".  Une analyse visiblement  partagée par la CFTC, mais pas par les syndicats FO et CGT. Ils sont toujours sur la même ligne : ils demandent le retrait pur et simple du projet de loi. La CFDT, elle, estime ne pas avoir eu de réponse claire à ses demandes. 

La satisfaction de la CFTC et du gouvernement

Le président de la CFTC, Philippe Louis, a relevé "des ouvertures", notamment à propos des négociations sur le temps de travail. La réforme du Code du travail doit favoriser les accords discutés au sein de l'entreprise, plutôt qu'au niveau de la branche. Mais Philippe Louis dit avoir "senti qu'on pouvait réguler au niveau de la branche certaines négociations qui n'auraient pas abouti au niveau de l'entreprise".

La ministre du Travail, elle aussi, semble satisfaite pas ces échanges de la matinée. "Nous avons eu des débats francs, directs, constructifs avec, je pense, une unanimité sur le fait qu'il faut que notre pays puisse se réformer, puisse réformer le droit du travail", s'est félicitée Myriam El Khomri.

La CGT et FO vont au "bras de fer"

Après la CFTC, place à FO et à la CGT. Contrairement aux organisations dites "réformistes", les deux syndicats ne sont pas venus pour négocier le contenu du texte, mais pour réclamer son abandon. "Je ne négocie pas un plat de lentilles, on veut le repas complet", a lancé le numéro un de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly.

"Le Premier ministre fait le constat qu'on a un désaccord de fond. Il est prêt à améliorer certains points mais on en sait pas plus. Je lui ai dis que nous, notre demande,c'était qu'on remette tout sur la table", sans question de délai.

"Il a dit : 'Non, on a un calendrier'. Je lui ai répondu : 'Donc c'est le retrait'. Il a dit : 'Je ne suis pas d'accord pour le retrait'. Je lui ai répondu : 'Pas encore puisqu'on rentre dans un bras de fer'."

"La France se lance dans une décentralisation de la négociation collective", Jean Claude Mailly secrétaire général de FO

La CFDT pose ses conditions

Le syndicat "réformiste" CFDT est lui ouvert à la négociation, à "une condition" : que le gouvernement abandonne le plafonnement des indemnités prud'homales, a expliqué le secrétaire général du syndicat, Laurent Berger, avant son arrivée à Matignon. "Nous avons été écoutés, il nous a été dit que la porte était ouverte au dialogue (...) mais nous n'avons pas eu de réponses" a indiqué Laurent Berger, après son entrevue. Le syndicat voit en revanche du positif dans le texte comme "la lutte contre le travail détaché, le compte personnel d'activité..."

"S'il n'y a pas d'évolution, la CFDT sera en capacité de se mobiliser" Laurent Berger, secrétaire général Force Ouvrière

La CGPME pour un "élan réformateur"

Le syndicat des petits patrons, la CGPME, était le dernier interlocuteur du jour. François Asselin, son président, veut que "l'élan réformateur" du projet soit maintenu. Mais il a trouvé face à lui un Premier ministre qui dit encore chercher "la voie" pour faire passer certains points de la réforme. "Manuel Valls nous a dit qu'il voulait garder l'équilibre de ce texte et qu'il veut la réforme", a précisé François Asselin. 

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