Le gouvernement au chevet de Marseille

par Clara Beaudoux jeudi 6 septembre 2012 07:58, mis à jour le jeudi 6 septembre 2012 à 14h01
SPEICH Frédéric Maxppp

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault réunit 12 ministres jeudi à Matignon, pour bâtir un plan d'action contre la criminalité et l'économie souterraine dans certains quartiers marseillais. Une vingtaine de règlements de compte ont eu lieu à Marseille depuis le début de l'année, souvent liés à des trafics de drogue, le dernier en date remonte à lundi.

Le gouvernement est attendu au tournant. Un comité interministériel se réunit jeudi à 17h autour de Jean-Marc Ayrault à Matignon, pour tenter d'apporter des réponses "gobales" à la criminalité à Marseille. 

Depuis le début de l'année, les règlements de compte, souvent liés au trafic de drogue, ont fait vingt morts dans la cité phocéenne. Lundi, le cadavre carbonisé d'un homme tué par balles a été retrouvé à Septèmes-les-Vallons (Bouches-du-Rhône), à la limite nord de Marseille. 

"Nous avons affaire à un problème extrêmement grave qui touche l'économie souterraine, des quartiers entiers où se sont installées des bandes", a déploré le Premier ministre, bien décidé à agir sur ce dossier.

"Un historique criminel profond, les règlements de compte ne sont qu'un épiphénomène visuel" Le criminologue Alain Bauer  
 

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Zones de sécurité prioritaires et augmentation des effectifs

Pour Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, les zones de sécurité prioritaires sont un début de solution. Mais, froissé de ne pas avoir été consulté, le maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, avait réclamé le week-end dernier de classer toute la ville en zone de sécurité prioritaires.

"On ne peut pas dire qu'on va protéger tel quartier et pas tel autre" Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille  

Les syndicats de police, eux, demandent une augmentation des effectifs. "Ce qu'il faut regarder, c'est la densité de policiers disponibles au mètre carré. En Seine-Saint-Denis, qui fait 236 km2, il y en a 4.500. Marseille, pour une superficie équivalente (240 km2), n'en compte que 3.000", relève un commissaire.

La sécurité, mais aussi les transports ou le chômage

Mais le gouvernement n'entend pas s'attaquer uniquement à la sécurité. "Au-delà des problèmes de violence, ce qui nous intéresse beaucoup c'est le développement économique, trouver des débouchés à nos chômeurs, et sortir Marseille de son trou" en améliorant les transports publics, explique le député PS des Bouches-du-Rhône, Patrick Mennucci.

Seront notamment présents à Matignon : Manuel Valls (Intérieur), Christiane Taubira (Justice), François Lamy (Ville), Arnaud Montebourg (Redressement productif) ou encore la Marseillaise Marie-Arlette Carlotti (Lutte contre l'exclusion) et Vincent Peillon (Education). Le chef du gouvernement fera une déclaration à l'issue de ce comité.

"La politisation et la médiatisation de Marseille a l'air de continuer sous Hollande comme sous Sarkozy" Laurent Mucchielli chercheur à l'Observatoire de la délinquance à Aix

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