La rafle du Vel d'Hiv est nazie, pour l'historienne Annette Wieviorka

par Guillaume Gaven mardi 24 juillet 2012 17:20

La commémoration de la rafle du Vel d'Hiv par François Hollande, dimanche, a relancé une polémique sur la place de la France pendant la guerre. "Ce crime a été commis en France par la France", disait le président de la République. "Ma France n'était pas à Vichy mais à Londres" a répondu Henri Guaino. Le débat n'est pas vraiment là, tranche l'historienne Anne Wieviorka.

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Jacques Brinon Reuters

François Hollande, et des survivants de la rafle du Vel d'Hiv, dimanche dernier © Reuters Jacques Brinon

Fin de la polémique autour de la rafle du Vel d'Hiv ? Le dernier mot reviendra, très arbitrairement, à l'historien. Annette Wieviorka, spécialiste de l'histoire des juifs au XXe siècle, a suivi les échanges aigre-doux qui ont suivi la commémoration de dimanche.

Là où François Hollande assénait : "ce crime a été commis en France par la France", marchant ainsi dans les pas du Jacques Chirac de 1995, certaines voix se sont élevées, à l'instar d'Henri Guaino, pour expliquer que "ma France n'était pas à Vichy, mais à Londres" ; "comme si Pétain était la France", a renchéri Jean-Pierre Chevènement. - c'était d'ailleurs la ligne tenue, en son temps, par François Mitterrand. 

Alors, histoire de remettre certaines pendules à l'heure, Annette Wieviorka explique qu'il y a aujourd'hui un consensus autour de la lecture de l'Histoire qu'a faite Jacques Chirac. Que la France a agi sur ordre des nazis ; qu'elle a mis à disposition son administration - pour ficher les Juifs - et sa police - pour la rafle proprement dite - au service de l'Allemagne nazie - c'est la collaboration. "L'Etat était un Etat de collaboration, malgré l'embryon d'Etat que mettait sur pied De Gaulle à Alger et Londres."

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