La publication de photos de Daech par Marine Le Pen fait bondir le gouvernement

par Rédaction de France Info mercredi 16 décembre 2015 17:52, mis à jour le mercredi 16 décembre 2015 à 23h55
Tweets de Marine Le Pen et Gilbert Collard
Montage des tweets postés sur les comptes Twitter de Marine Le Pen et Gilbert Collard.

Ulcérée par un parallèle fait selon elle entre son parti et Daech, Marine Le Pen a publié ce mercredi sur son compte Twitter des photos d'exactions imputées au groupe terroriste. Une initiative dénoncée par Manuel Valls, qui a qualifié la présidente du FN "d'incendiaire du débat public". Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a fait un signalement auprès de la police.

Des photos de propagande de Daech reproduites et publiées sur les comptes Twitter de marine Le Pen et Gilbert Collard ont déclenché l'ouverture par le parquet de Nanterre d'une enquête préliminaire pour "diffusion d'images violentes", mercredi soir.

Tout commence ce mercredi matin sur l'antenne de BFMTV. Le spécialiste de l'islam Gilles Kepel déclare que Daech et le FN puisent à une source commune : le manque de perspectives offertes aux jeunes : "Ce n'est bien sûr pas la même chose, souligne l'universitaire devant le micro de Jean-Jacques Bourdin. Mais ce sont deux phénomènes qui se ressemblent, parce que dans les deux cas, on est dans une société dans laquelle il y a une inclusion qui est de plus en plus faible."

"Des propos inacceptables", réagit peu après Marine Le Pen sur son compte Twitter. Cette dernière poste alors trois photos montrant des exactions imputées au groupe terroriste, dont une décapitation. Les clichés, non floutés, sont accompagnés du commentaire "Daech, c'est ça !".

Bernard Cazeneuve a signalé les images à la police

L'initiative est rapidement dénoncée par Manuel Valls, également via Twitter. Le Premier ministre estime que la publication de ces images "monstrueuses" constitue une "une faute politique et morale" de la part de Marine Le Pen, qualifiée d'"incendiaire du débat public".

"C'est quand même marrant, c'est nous qui sommes une fois de plus victimes et qui nous retrouvons dans la position des coupables", regrette Marine Le Pen, interrogée sur France Info

Dans l'après-midi, lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, Bernard Cazeneuve condamne lui aussi la publication de ces clichés, qui représentent à ses yeux "une abjection, une abomination et une véritable insulte pour toutes les victimes du terrorisme, pour toutes celles et tous ceux qui sont tombés sous le feu et la barbarie de Daech."

Le ministre de l'Intérieur précise qu'il a demandé à la plate-forme Pharos, qui relève de la direction centrale de la police judiciaire et gère les signalements de contenus illicites sur internet, de se saisir du dossier. Depuis, le parquet de Nanterre a ouvert une enquête préliminaire.

Les parents de James Foley, décapité par Daech, s'indignent

Dans la soirée, les parents du journaliste américain James Foley, décapité par Daech et qui figure sur l'une des photos tweetées par Marine Le Pen, ont appelé la présidente du FN à retirer ses publications : "Nous sommes profondément choqués par l'utilisation qu'est faite de Jim pour le bénéfice politique de Le Pen et nous espérons que la photo de notre fils, ainsi que deux autres images explicites, seront retirées immédiatement", écrivent-ils dans un communiqué.