François Hollande confronté aux premières critiques de la majorité et de ses alliés

par Rémi Ink lundi 24 septembre 2012 16:15
Philippe Wojazer Reuters

Un peu plus de quatre mois après son investiture, François Hollande voit les premières critiques monter de son propre camp. Si la droite ne l'a pas épargné depuis le début de son mandat, ce sont les premières fissures qui apparaissent au sein même du PS et des écologistes, associés au gouvernement. Gérard Collomb, maire PS de Lyon, évoque un "problème de ligne et de pédagogie", les Verts vont rejeter le traité budgétaire européen, et le non-cumul des mandats a ses détracteurs... socialistes.

Les critiques montent.
Au sein même du parti présidentiel. François Hollande le redoutait. Martine
Aubry, première secrétaire du Parti Socialiste, a tout fait pour l'éviter. Mais
la réalité politique rattrape le président de la République. Et certains
sortent du bois.

Collomb : "Un
problème de ligne et de pédagogie"

La
dernière flèche en date a jailli de Lyon. Le sénateur-maire PS, Gérard Collomb, un
baron socialiste, le dit tout net dans un entretien accordé au Figaro. À une
question sur la courbe de popularité de François Hollande qui plonge, il met d'abord
la crise en cause. "Tout président confronté aux difficultés qui sont les
nôtres chuterait nécessairement dans les sondages"
, explique-t-il. Avant
de laisser tomber : "la crise n'explique pas tout, il est sûr
qu'il y a un problème de lisibilité de l'action du gouvernement. Il faut
envoyer des messages clairs."
Pan ! Le mot est lâché.

Pour la première fois
depuis l'arrivée à l'Elysée du socialiste, la critique vient du cœur du parti au pouvoir.
Mais aussi de ses alliés.

Le tumulte Vert

Les Verts
l'ont dit : ils voteront contre le traité budgétaire européen. Au risque
de fragiliser la majorité gouvernementale. Et ce malgré les appels à la
solidarité du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, pour l'adoption du Traité. Et
Gérard Collomb, dans Le Figaro appuie là où ça fait mal en déclarant : "Les
Verts seraient irresponsables de nourrir la crise."
Pierre Moscovici, ministre
de l'Economie, lance
dimanche un "appel à la raison".

Aujourd'hui,
la polémique enfle, même si Matignon exclut aujourd'hui  le départ
des ministres écolos, Cécile Duflot (Égalité des Territoires et Logement) et Pascal
Canfin (Développement). Si certains disent Cécile Duflot hostile au Traité, sa condition de
ministre l'empêche de le dire ouvertement. Jean-Marc Ayrault tient encore un
peu ses troupes.

La
crainte de voir le refus Vert devenir
contagieux est réelle. Claude Bartolone, président de l'Assemblée Nationale, juge que
si des députés de la majorité votaient contre le traité budgétaire européen, ce
serait "grave". On serre les rangs.

Le non-cumul des mandats n'est plus prioritaire

Dernier point où les fissures se remarquent au sein du bloc
présidentiel : le non-cumul des mandats. Martine Aubry l'avait dit : interdiction
du cumul d'un mandat de parlementaire et d'un exécutif local. Tout-e élu-e à une
élection parlementaire devait abandonner ses mandats exécutifs locaux dans un délai
de trois mois après la tenue du scrutin. Un délai arrivé à expiration il y a...une
semaine, le 17 septembre 2012.

Mais depuis, pas grand chose ne bouge. Ou plutôt si. Ça gronde. Parmi les
réfractaires, le sénateur maire de Dijon, François Rebsamen. Ce proche de
François Hollande demande une exception pour les sénateurs qui ne sont pas élus
par tous les Français, comme le sont les députés.

Impossible
de savoir qui a effectivement renoncé à son mandat, un peu plus de
200 parlementaires socialistes seraient concernés. Le ministre des Relations avec le
Parlement, Alain Vidalies, l'assure : le texte sur le non-cumul des mandats sera
présenté vers la fin de l'année en Conseil des ministres pour un examen au
Parlement au premier trimestre de 2013.

Calendrier
retardé, donc. Peut-être le temps pour François Hollande de gérer l'orage vert
du traité budgétaire européen. Puis de continuer à tout faire pour afficher un
parti présidentiel uni et regroupé.