EDF : un contrat d'importation de gaz de schiste irrite les écologistes

par Lucie Barbarin mardi 22 juillet 2014 06:52
EDF veut importer du gaz de schiste américain
EDF veut importer du gaz de schiste américain © REUTERS | Benoit Tessier

La nouvelle est passée presque inaperçue la semaine dernière. En toute discrétion, EDF a signé un accord pour importer du gaz de schiste des Etats-Unis. Les écologistes en appellent à Ségolène Royal.

Ce contrat signé par EDF avec le groupe américain Cheniere, c'est ce dernier qui l'a annoncé dans un communiqué publié le 17 juillet. Les premières livraisons de gaz liquéfié sont prévues pour 2016 et le contrat a une durée de 20 ans. Sur le papier, le raisonnement est simple. La France dépend des gaz naturels russes et algériens. Il faut diversifier les approvisionnements, "réduire nos dépendance vis-à-vis du gaz russe" notamment  comme l'explique Philippe Chalmin, professeur d'économie à l'université Paris Dauphine. Et si on n'a pas les détails de l'accord financier, il estime qu'on peut "imaginer que ramener sur l'Europe à niveau de 9 à 10 dollars là où nous importons le gaz russe aux alentours de 11 à 12 dollars".

EDF : un contrat d'importation de gaz de schiste irrite les écologistes, reportage Lucie Barbarin

"Une forme de cynisme" (FNE)

 
Sauf que les prix attractifs du gaz américain ne font pas oublier la contradiction. La France dit non à l'extraction de gaz de schiste, chez elle, mais elle accepte qu'EDF en importe en grandes quantités des Etats Unis. Une hypocrisie inacceptable pour
Benoit Hartmann, porte-parole de France Nature Environnement : "C'est la même chose que les OGM. On s'interdit de les produire sur le territoire français parce qu'on considère que c'est trop dangereux mais on les importe massivement pour l'alimentation de notre bétail. C'est une forme de cynisme".
 
Ce qui fait dire au député EELV Yannick Jadot que la question devient politique. "Ça va à l'encontre des efforts qu'on tente de faire sur la transition énergétique". Et il en appelle à Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie et de l'Energie, puisque l'Etat est le principal actionnaire d'EDF.