DSK, un économiste sur la route de l'Elysée...

par France Info mercredi 2 novembre 2011 00:00
Dominique Strauss-Kahn à Washington début avril 2011
Radio France © AFP / Mandel Ngan

Dominique Strauss-Kahn s’est construit une solide crédibilité dans son domaine, l’économie. Très à l'aise dans l'univers politico-médiatique, grand favori, à ce jour, des sondages en vue de la prochaine élection présidentielle, il semble avoir une faiblesse : les femmes. Le dernier rebondissement de cette saga, son inculpation pour agression sexuelle, tentative de viol et séquestration, pourrait compromettre un avenir qui s’annonçait radieux.

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Né le 25 avril 1949 à Neuilly-sur-Seine, Dominique Strauss-Kahn est, à 62 ans, un économiste reconnu au parcours sans faute : HEC, Sciences-Po, licence en droit public, doctorat en économie. Ancien professeur d'économie et avocat d'affaires, ex-ministre de l'Economie de Lionel Jospin, Dominique Strauss-Kahn jongle avec les concepts et sait les décrypter.

En 1986, DSK est un jeune économiste engagé au Parti socialiste. Il est élu député pour la première fois en Haute-Savoie, alors que le PS regagne l’opposition. Deux ans plus tard, il se présente dans la 8e circonscription du Val-d’Oise, à Sarcelles. Élu au second tour, il devient alors président de la Commission des finances.

Dominique Strauss-Kahn fait ses premiers pas au gouvernement en 1991, où il exerce le mandat de ministre de l'Industrie et du Commerce extérieur pendant deux ans. De1997 à 1999, DSK est promu ministre de l'Economie et des Finances. "Réformiste", il conduit les dossiers du passage à l'euro et de l'ouverture du capital de France Telecom. Mais en novembre 1999, l’affaire de la mutuelle étudiante MNEF, pour laquelle il a touché d'importants honoraires pour ses services d'avocat, le contraint à démissionner. Il en sortira blanchi, après une traversée du désert de deux ans.

En juin 2002, l’ancien ministre est réélu député de Sarcelles. Candidat aux primaires socialistes en 2006, il prône un socialisme "du réel" et "une gauche efficace au temps de la mondialisation". Il est largement devancé par Ségolène Royal et recueille à peine 20% des voix des militants. Le président élu, Nicolas Sarkozy, offre toutefois à DSK un lot de consolation de taille, en soutenant sa candidature au Fonds monétaire international (FMI), dont il devient directeur général le 1er novembre 2007. C’est dans cette fonction qu’il va se bâtir une stature internationale "grâce" à la crise financière.

Personnalité médiatique et séducteur "avéré"

Côté réputation, le patron du FMI traîne une image de chic décontracté. Son rapport plutôt décomplexé avec le luxe alimente les polémiques sur son train de vie (comme avec la photo de lui montant dans une Porsche) et alimentent sa réputation de dandy mondain et dilettante, très "gauche caviar".

DSK ne dédaigne pas la médiatisation, et n’a jamais n’hésité à afficher sa relation avec sa troisième épouse, la journaliste Anne Sinclair. Mais ce chouchou de l’opinion (les sondages le donnaient, au moins jusqu’à aujourd’hui, en tête des intentions de vote au premier tour de la présidentielle de 2012) aime aussi beaucoup les femmes. Son biographe Michel Taubmann parle d'un "séducteur avéré".

Une réputation qui lui colle à la peau, les humoristes en font d’ailleurs régulièrement leurs choux gras. Même s’il pourrait ne s’agir que d’une "manipulation" comme l'a rappelé Jacques Attali, son inculpation pour agression sexuelle, tentative de viol et séquestration pourrait sérieusement perturber sa trajectoire, que ce soit au FMI ou au Parti socialiste.

D’autant que ce ne serait pas la première fois : DSK avait déjà été dans l'oeil du cyclone en 2008 pour avoir entretenu une liaison avec une cadre du département africain du FMI. Une enquête interne avait conclu à l’ "absence d’abus hiérarchique" mais un coup avait été porté à l'image du respectable économiste, qui avait dû présenter des excuses publiques et reconnaître une "erreur de jugement".