Avion turc: Erdogan accuse le régime syrien d'un "acte hostile"

par Mikaël Roparz mardi 26 juin 2012 12:02
Umit Bektas Reuters

Après la destruction de l'un de ses avions de combat vendredi, le Premier ministre turc accuse le régime syrien d'"acte d'agression". Pour Recep Tayyip Erdogan, c'est une attaque "lâche du régime al-Assad".

C'est un "acte hostile", une "attaque lâche" a déclaré ce matin le Premier ministre turc. "Il n'y a pas eu le plus petit avertissement, pas la plus petite note provenant de la Syrie. Ils ont agi sans rien faire de tout ça. Et après ils affirment sans honte qu'ils sont nos amis", a t-il indiqué. Pour Recep Tayyip Erdogan, "faire des commentaires pour disculper (la Syrie) de cette attaque lâche du régime (du président syrien Bachar) al-Assad n'est pas un comportement responsable."
Le Premier-ministre turc a fait ses déclarations devant le groupe parlementaire de l'AKP, le parti au pouvoir.

Erdogan qui était resté jusqu'à maintenant mesuré sur cette affaire, menace la Syrie de riposter à toute violation de ses frontières.
Pour Erdogan, la Turquie était totalement dans son droit car il s'agissait d'un "avion de reconnaissance non armé" qui a été
abattu "dans l'espace aérien international".

"Une violation manifeste"

Ankara a rejeté les propos des autorités syriennes d'après lesquelles l'armée de Damas n'avait d'autre choix de tirer sur le F-4 alors qu'il survolait les eaux syriennes, vendredi dernier. Le vice-Premier ministre turc, Bülent Arinc, avait promis hier que les actes de la Syrie "ne resteraient pas impunis".
Arinc a d'ailleurs révélé aussi qu'un deuxième appareil turc avait essuyé des tirs aux premières heures des opérations de recherches du F-4, dont l'épave repose par 1.300 mètres de fond dans les eaux syriennes.
La Syrie a expliqué son acte en affirmant que l'appareil s'était rendu coupable d'une "violation manifeste" de sa souveraineté et a mis en garde Ankara et l'Otan contre d'éventuelles représailles.  

Parallèlement, le Conseil de l'Atlantique Nord à Bruxelles s'est réuni ce matin. Une réunion à la demande de la Turquie. Le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Anders Fogh Rasmussen a jugé "inacceptable" la destruction de l'avion de combat turc par le régime syrien et exprimé son "soutien et sa solidarité" avec Ankara.

Cette rencontre intervenait dans le cadre de l'article 4 du traité de l'Atlantique Nord. Cet article prévoit que les pays membres "se consulteront chaque fois que, de l'avis de l'une d'elles, l'intégrité territoriale, l'indépendance politique ou la sécurité de l'une des parties sera menacée".
C'est la deuxième fois seulement en 63 ans d'existence que l'Otan se réunit en vertu de cet article. La seule autre fois que l'Otan s'est réunie en vertu de l'article 4 remonte à 2003, pour discuter de la guerre contre l'Irak. Cette fois-là aussi, c'est la Turquie qui avait demandé une réunion.