Turquie : une étudiante française retenue en prison

par Nastassia Solovjovas vendredi 8 juin 2012 15:24
Christophe Petit Tesson Maxppp

Depuis le 10 mai dernier, Sevil vit derrière les barreaux sans comprendre ce qu'on lui reproche. Les autorités d'Ankara la soupçonnent d'appartenir à une organisation clandestine d'extrême-gauche. Elle risque jusqu'à 12 ans de prison.

Sevil Sevimli, 19 ans, habite Lyon. Pour sa
dernière année d'études, elle a décidé de découvrir son pays d'origine, la Turquie.
C'est grâce à un échange Erasmus qu'elle est partie étudier à l'université
Anatolie d'Eskisehir dans l'Est du pays. Depuis un mois, elle ne passe plus son
temps sur les bancs des amphithéâtres, mais derrière les barreaux.

Soupçonnée d'appartenir à une organisation clandestine d'extrême
gauche, la jeune fille a été arrêtée le 10 mai dernier avec cinq autres
personnes. Elle aurait eu des liens avec le Front-Parti de libération du peuple
révolutionnaire
, qui figure sur la liste des organisations terroristes de l'Union
Européenne.

Selon son avocat, il n'y a aucune preuve de son appartenance
à cette organisation. De plus, l'accusation qui pèse à son encontre est
étonnante. On lui reproche d'avoir assisté à une parade du 1er Mai
et d'être allée au concert d'un groupe de musique réputé pour ses actions
politiques socialistes.

La jeune femme risque 12 ans de prison pour appartenance à
une organisation armée. Sevil ne comprend pas pourquoi elle est en prison d'autant
qu'elle n'a pas accès à son dossier, classé confidentiel. Il y aurait plus de
700 étudiants emprisonnés en Turquie.

Sevil n'est la seule dans ce cas. Explication de Jérôme Bastion.