Tunisie : la colère gronde à Kasserine après la mort d'un chômeur

par Justine Fontaine mercredi 20 janvier 2016 23:10
Les accrochages continuaient en début de soirée malgré le couvre-feu de 18h à 5h décrété mardi dans cette ville d\\\'environ 80.000 habitants
Les accrochages continuaient en début de soirée malgré le couvre-feu de 18h à 5h décrété mardi dans cette ville d'environ 80.000 habitants © Maxppp

La police a utilisé mercredi du gaz lacrymogène et des canons à eau pour disperser des manifestants à Kasserine, ville défavorisée du centre de la Tunisie agitée par des heurts depuis la mort d'un jeune chômeur.

 En Tunisie, cinq ans après l’immolation de Mohamed Bouazizi à Sidi Bouzid, la mort d’un autre diplômé chômeur a entrainé la colère des habitants de la ville de Kasserine, dans le centre du pays.
Cette région était déjà au cœur des soulèvements qui ont mené à la chute de Ben Ali en 2011. Aujourd’hui, ses habitants continuent de réclamer du travail. Malgré un couvre-feu décidé hier, la tension est montée d’un cran aujourd’hui.

Feux de pneus et riposte de la police 

Cet après-midi, près d’un millier d’habitants de Kasserine étaient toujours dans la rue pour demander des solutions contre le chômage. Certains ont mis le feu à des pneus pour bloquer les entrées de la ville. La police a répondu en tirant des balles en caoutchouc sur la foule. Les protestations ont commencé après le décès d’un diplômé chômeur. Ridha Yahyaoui s’est tué en montant sur un poteau électrique samedi, sans qu’on sache s’il s’agit d’un suicide ou d’un accident. Il venait en tout cas d’apprendre que son nom ne figurait plus sur une liste de dossiers prioritaires pour une embauche dans la fonction publique. 

"Travail, liberté, dignité nationale"

Face à la grogne sociale, le gouvernement a promis aujourd’hui des fonds pour des projets agricoles, et l’embauche de 5000 jeunes dans cette région où le chômage atteint les 30%. Des marches de soutien ont été organisées dans plusieurs villes tunisiennes aujourd’hui. Dans les cortèges, on pouvait entendre les mêmes slogans que ceux de la révolution de 2011, comme celui-ci : "travail, liberté, dignité nationale".